Selon le rapport annuel des drogues et des toxicomanies, le nombre de morts par abus de drogues a explosé en quelques années. En cause notamment, les nouvelles drogues de synthèse.

Les plants de cannabis représentent 2% seulement des saisies antidrogues
Les plants de cannabis représentent 2% seulement des saisies antidrogues © AFP / PABLO PORCIUNCULA

"Les stupéfiants restent une menace continue, qui évolue et menace en profondeur nos sociétés", selon le commissaire européen en charge des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos. Il réagissait ce mardi à la publication du rapport annuel de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) qui fait état d'un nombre grandissant de morts par surdose de drogue.

6% de morts par surdose en plus sur un an

En 2015, selon le rapport, il y a eu 8.441 morts liés à des surdoses de drogue dans les 28 pays membres de l'Union européenne, plus la Turquie et la Norvège. C'est 6% de plus qu'en 2014. Une hausse de la mortalité qui concerne toutes les tranches d'âge et une partie des pays de l'UE, notamment l'Allemagne et le Royaume-Uni. La plupart du temps, c'est l'héroïne qui est à l'origine de ces surdoses, mais dans certains pays, et notamment la France, ce sont d'autres opiacés (des dérivés de l'opium), utilisés dans des traitements de substitution, qui sont les plus meurtriers - même si elles sont loin d'être les plus saisies, une place qui revient au cannabis sous toutes ses formes.

Mais même si les opiacés sont largement en tête des drogues les plus mortelles, l'OEDT se montre très préoccupé par les "nouvelles substances psychoactives". Rien qu'en 2016, l'UE a détecté quelque 66 nouveaux produits psychoactifs, qu'il s'agisse de drogues ou de produits de synthèse. Selon l'observatoire, leur "disponibilité globale reste élevée" : 620 produits sont aujourd'hui surveillés par l'OEDT, contre "seulement" 350 en 2013.

Les fentanyls, produits les plus dangereux

Et les plus inquiétants sont les opiacés de synthèse, qui ont la particularité d'être beaucoup plus concentrés en principes actifs. Les fentanyls sont les plus dangereux, avec une teneur en principes actifs plus élevée que pour l'héroïne elle-même. "Plus de 50 décès sont associés à ces substances" qui sont des sédatifs très puissants. Et ils représentent 60% des 600 saisies de nouveaux opiacés de synthèse en 2015, toujours selon l'observatoire.

Y a-t-il des exemples à suivre dans la lutte contre la consommation de drogues ? Pas vraiment, si l'on en croit l'observatoire. "Aucun pays n'a encore trouvé la réponse miracle sur ces questions", explique Laura d'Arrigo, présidente du conseil d’administration de l'OEDT, qui en appelle à la collaboration entre les pays : "Il est crucial de partager les expériences et les pratiques, celle qui ont réussi bien sûr, mais aussi celles qui ont eu moins de succès".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.