Le maire de Salency, dans l'Oise, reçoit des centaines de mails de protestation depuis l'annonce du retour de la fête de la Rosière dans son village. "Sexiste" et "rétrograde" pour ses détracteurs, elle "célèbre la tradition du village" selon son organisateur.

Le maire de Salency, dans l'Oise, reçoit des centaines de mails de protestation depuis l'annonce du retour de la fête de la Rosière dans son village.
Le maire de Salency, dans l'Oise, reçoit des centaines de mails de protestation depuis l'annonce du retour de la fête de la Rosière dans son village. © Radio France / Diane Sprimont

Dans la France du XVIIIe siècle, une rosière était "une jeune fille vertueuse", comme l'écrit un bon vieux dictionnaire. Dans la France du XXIe siècle, tout le monde a compris qu'il est surtout question d'une jeune fille vierge, candide, et chaste... Une figure "sexiste" et "rétrograde" pour beaucoup d'internautes indignés sur les réseaux sociaux, et impensable à fêter à l'heure de #MeToo. Pourtant, la fête de la Rosière pourrait à nouveau être célébrée à Salency (Oise) en juin 2019.

la fête initiée au Ve siècle par Saint Médard est remise au goût du jour par Bertrand Tribout, le président de la confrérie Saint Medard
la fête initiée au Ve siècle par Saint Médard est remise au goût du jour par Bertrand Tribout, le président de la confrérie Saint Medard © Radio France / Diane Sprimont

Une pétition signée par plus de 700 opposants

Après plus de trente ans d'absence, la fête initiée au Ve siècle par Saint Médard est remise au goût du jour par Bertrand Tribout. Le président de la confrérie Saint Medard est accusé par une militante féministe, Laélia Véron, de vouloir ainsi "évaluer la pureté et la virginité des filles avec l'argent public". Cette chercheuse universitaire est d'ailleurs à l'origine d'une pétition qui a déjà recueilli plus de 700 signatures.  Mais pour Bertrand Tribout, la fête de la Rosière "ne fait pas du tout référence à la virginité. "

On ne parle pas forcément de la pureté en tant que virginité

"Nous voulons plutôt célébrer la vraie probité de la jeune femme, explique l'organisateur. Nous récompensons le fait qu’elle soit gentille avec sa famille et ses proches, qu’elle soit prête à aider les autres." Pour certains habitants, cette fête est d'ailleurs une spécificité du village, "une tradition qu'il faut perpétrer" mais d'autres habitants sont contre. Romain, vit à Salency depuis 30 ans, il est outré par le principe de cet événement. "Je vais surtout avoir honte de mon village demain, j'aurais honte de dire que j'habite à Salency où il y a eu un tel événement qui stigmatise." 

Le maire pense "tout annuler"

Face à la polémique, le maire de cette commune de 885 habitants se dit troublé. "Je ne pensais qu'on allait parler de sexisme et d'obscurantisme. Pour moi, c'était une petite fête villageoise qui allait nous rassembler. Avec tous ces mails de menace et la pétition, je pense très certainement à annuler la manifestation."
Avant cela, le processus d’annulation passe d’abord par un vote en conseil municipal. Ce sera fait en septembre. En parallèle, une enquête administrative par la sous-préfecture est en cours. 

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