Une étude de Santé Publique France a analysé l'évolution des vagues de chaleur depuis 2004, juste après la canicule de 2003 qui avait fait 15 000 morts en moins d'un mois. Elle révèle que les mesures prises pour éviter un nouveau drame de cette ampleur sont efficaces, malgré une répétition de ces vagues.

Toulouse pendant la vague de chaleur d'août 2018
Toulouse pendant la vague de chaleur d'août 2018 © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

La vague de chaleur de l'été 2003 est encore dans toutes les mémoires : 15 000 morts entre le 1er et 20 août. Depuis, aucune autre vague n'a fait autant de morts, la mise en place du Plan national canicule ayant permis de réduire leur impact sanitaire.

Toutefois, depuis 2004, des vagues de chaleur, il y en a bien eu. Beaucoup. En dix ans, entre 2004 et 2014, Santé Publique France en a recensé 196. Avec un pic en 2006 : 76 vagues de chaleur enregistrées sur cette seule année, soit un total de 462 jours si l'on cumule ces journées de fortes chaleurs département par département.

La plupart de ces vagues ont entraîné une surmortalité de 10 % (on parle de surmortalité, sur une vague de chaleur de plus de trois jours, quand il y a une différence avec la moyenne des décès observés sur une même période). Mais en 2006, par exemple, on a enregistré 76 vagues de chaleur et 65 départements touchés (en particulier les Alpes-Maritimes et le Rhône, qui ont respectivement connu 42 et 58 jours de chaleur excessive).

Au total, plus de 1000 décès en excès ont été comptabilisés pendant cette canicule de 2006, la plus longue depuis 2003 puisqu'elle a duré du 10 au 30 juillet.

Deux à trois fois plus de vagues caniculaires en 2050

Les mesures prises ont donc porté leurs fruits, mais les épisodes de chaleur se répètent : en 2015, la France a connu trois épisodes caniculaires (le premier avait démarré dès le 29 juin, avec des pointes à 40 degrés). En 2016, pour la première fois, il avait fallu prolonger le dispositif "plan canicule" jusqu'au 15 septembre, et en 2017 la Corse a connu une vague de chaleur plus intense qu'en 2003.

L'urgence d'agir se fait plus que jamais sentir car selon le scénario le plus pessimiste du GIEC, ces vagues de chaleur pourraient devenir deux à trois fois plus nombreuses dès le milieu du XXIe siècle.

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