Pendant les évacuations d'Afghans au mois d'août, neuf mineurs se sont retrouvés seuls à leur arrivée à l'aéroport de Roissy, en France. Après la confusion, l'administration française a déjà pu retrouver les parents de certains d'entre eux. Les autres sont pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance.

Des passagers en provenance de Kaboul débarquent à l'aéroport de Roissy lors d'une opération de rapatriement, le 17 août 2021
Des passagers en provenance de Kaboul débarquent à l'aéroport de Roissy lors d'une opération de rapatriement, le 17 août 2021 © Maxppp / EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

Dans le chaos et la confusion des évacuations à l'aéroport de Kaboul au mois d'août, des familles ont été séparées. Neufs enfants, non accompagnés, ont embarqué sur des vols d'évacuation à destination de la France. Ces mineurs se sont retrouvés seuls, sans parents, à leur arrivée à l'aéroport de Roissy. Dans le monde, on en compte 300 dans la même situation, selon l'Unicef.

Des erreurs d'identités

"Dans les listings des vols, les enfants avaient le même nom de famille que certains adultes. On pensait que c'était leurs enfants, mais à l'arrivée on s'est rendu compte que non. Franchement, c'était la panique", raconte un responsable associatif à nos confrères de l'AFP. "Les listes [de voyageurs, ndlr] à l'aéroport de Kaboul se sont constituées en temps réel et certaines personnes sont montées dans des avions sans être documentées" explique de son côté le préfet Alain Régnier, délégué interministériel chargé de l'accueil et de l'intégration des réfugiés, à France Inter.

Ainsi, neuf mineurs ont donc été retrouvés sans accompagnement à Roissy. Parmi eux, huit garçons et une fille. Six sont âgés de 7 à 13 ans et deux ont 16 et 17 ans. Des fratries sont aussi arrivés : deux frères, âgés de 6 et 15 ans et trois enfants d'une même famille. Lors de l'embarquement, certains ont été confiés par leurs parents à d'autres adultes. 

Suivi psychologique

Les autorités françaises, dont l'Office français de l'immigration et de l'intégration, ont tout de suite pris en charge les enfants traumatisés par les évènements. Le parquet a rapidement pris des décisions de placement, comme c'est le cas pour tous les mineurs étrangers isolés, et les enfants ont été confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) de Paris et de la Seine-Saint-Denis, qui accueille 8 d'entre eux.

Majoritairement placés pour l'instant en structure de prise en charge collective, les autorités assurent vouloir privilégier un placement en familles d'accueil. Car le traumatisme est important pour beaucoup d'entre eux. "Ces enfants sont aussi suivis, depuis l'aéroport, par une cellule psychologique, car certains dorment très mal, d'autres sont hyper actifs, donc on est toujours dans une phase de surveillance post traumatique de ces enfants, par rapport à ce qu'ils ont vécu" détaille Alain Régnier.

Des recherches pour réunifier les familles

L'objectif pour l'ASE et les services de l'Etat est aussi et surtout de retrouver les parents ou autres membres de la famille de ces mineurs. Ainsi, un père de famille qui avait, lui, pris un vol vers les Etats-Unis a pu être retrouvé et doit arriver en France afin de retrouver son fils. 

Alain Régnier annonce aussi à France Inter que la mère de trois des neuf enfants a été retrouvée en Finlande. Ses enfants devraient dans les prochains jours l'y rejoindre. Le travail se poursuit donc pour retrouver les parents de cinq des neuf enfants arrivés en France. "On fait de la dentelle, il faut aller à la pêche pour retrouver un maximum d'information et notre objectif est bien évidemment de retrouver les parents ou un membre de la famille en France ou en Europe pour reconstituer une cellule familiale" explique Alain Régnier.