Hôpital Lariboisière
Hôpital Lariboisière © CC Sean Munson

Les riverains n'en voulaient pas, la Mairie a tranché. Ce lieu destiné à permettre la consommation de drogue à moindre risque ne sera pas situé boulevard de la Chapelle, mais dans l'emprise de l'hôpital voisin.

Après Bernard Jomier, le maire-adjoint chargé de la santé, c'est au tour de Rémi Féraud, le maire PS du Xe arrondissement de confirmer que l'implantation de la la future salle de consommation à moindre risque (SCMR), prévue à l'origine boulevard de la Chappelle et combattue par les riverains, est abandonnée au profit de l'Hôpital Lariboisière.

Bernard Jomier, le maire-adjoint chargé de la santé, interrogé par France Bleu 107.1

0'56

Salle de shoot à Paris, où ?

Une entrée distincte de celle de l'hôpital

Un lieu idéalement situé, selon Bernard Jomier, car l'hôpital est tout près de la gare du Nord et du boulevard de la Chappelle. Si le lieux exact d'implantation à Lariboisière n’est pas encore arrêté, on sait par contre déjà que la structure sera accessible via une entrée séparée qui mènera à la SCMR, dans une enclave au sein de l’hôpital. Deux lieux à trois lieux sont envisagés, en dur ou en Algeco, sont envisagés pour accueillir les 200 m2 de la salle.__

Bordeaux et Strasbourg, les deux autres villes pressenties pour expérimenter la salle de consommation à moindre risque ont également choisi de les adosser à une structure hospitalière.

L'opposition toujours contre ce projet

Comme Déborah Pawlik, conseillère de Paris du 10e arrondissement, l'opposition n'est pas favorable projet. Yannick Moreau, député UMP et auteur d'une proposition de loi interdisant l'ouverture de toute "salle de shoot" signée par 105 de ses collègues, a affirmé que cette expérimentation serait "un très mauvais signal de banalisation de la drogue à l'intention de la jeunesse".

Pour la ministre de la Santé, l'objectif "n'est pas de banaliser, de faciliter la consommation de drogue mais de prendre en compte des situations qui existent, qu'on les supporte ou pas, qu'on les voie ou pas". Selon Marisol Touraine, on compte en France plus de 80.000 usagers de drogue par voie intraveineuse et 100 morts par overdose chaque année.

A quand l'ouverture

Si les députés ont donné leur feu vert à l'expérimentation de salles de consommation à moindre risque pendant six ans, le projet de loi santé ne sera débattu au Sénat qu’en septembre et en octobre. Bernard Jomier juge donc "illusoire" d'envisager une ouverture de la salle avant le premier trimestre 2016.

Les salles, déjà expérimentées dans une dizaine d'autres pays (la plus ancienne en Suisse a été créée il y a trente ans), sont destinées à des toxicomanes majeurs précarisés, qui se droguent dans des conditions d'hygiène précaires, souvent dans la rue ou des halls d'immeuble.

salles de shoot infographie
salles de shoot infographie © idé
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.