En septembre dernier, 14.000 enseignants stagiaires faisaient leur rentrée dans des écoles primaires, des collèges et des lycées, sans avoir reçu la moindre formation pratique. C’est une conséquence de la réforme du recrutement des professeurs, voulue par le gouvernement.

La formation pédagogique à l’IUFM d’une durée d’un an est remplacée par un système de tutorat, en fait de simples professeurs volontaires.

Au passage, en faisant travailler les débutants à plein temps, à 18 heures de cours par semaine au lieu de six heures l’an dernier, le gouvernement a compensé la suppression de 16.000 postes en vertu du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Quel bilan pour les professeurs stagiaires un mois après la rentrée ?

Nous avons posé la question à Claire que nous avions rencontrée début septembre.

A l’époque, elle était inquiète et ses craintes se sont confirmées. Nommée dans un lycée tranquille, elle n’a pas de problème avec ses trois classes de première, seconde et terminale… mais elle a tout de même un souci de taille : sa tutrice ne travaille pas dans le même établissement qu’elle, elle ne peut donc pas la voir en classe, la conseiller et la noter

Claire, professeur stagiaire (Laëtitia Saavedra)

Claire se sent bien dans son lycée. Elle a moins d’heures de cours que prévu par les textes, ses collègues la soutiennent et surtout, les élèves ne sont pas difficiles.

Claire (Laëtitia Saavedra)

### La peur de ne pas y arriver Laurence a craqué. A 23 ans, son Capes en poche depuis l’été, elle a été arrêtée par son médecin deux semaines à peine après la rentrée. Sa formation, elle n’en a rien retenu ou en tout cas rien d’utile. Face à des élèves difficiles, Laurence n’a pas su comment gérer la situation ni comment organiser ses journées. La jeune femme rentrait chaque soir totalement épuisée et démoralisée. _**Laurence** (Laëtitia Saavedra)_
Depuis, Laurence est sous anxiolytique. Elle est toujours paniquée à l’idée de se retrouver devant une classe.
Tableau noir
Tableau noir © Fotolia / S.-Rae
### Pour le ministère de l'Education, il n'y a pas plus de problèmes cette année Pombien de cas comme celui de Laurence ? Pas encore de chiffres officiels. Selon le SNES, le syndicat majoritaire dans le secondaire, il y aurait six arrêts maladie dans l'académie de Lille et 22 dans celle de Créteil. Ni plus ni moins que l'an dernier, affirme le Ministère de l'Education nationale, sans plus de précision. Même son de cloche au Rectorat de l'académie de Dijon, où l'on reconnaît tout de même des conditions de démarrage difficiles. _**Bernard Terraz est le responsable de la formation au Rectorat** (Laëtitia Saavedra)_
__ Face aux critiques, Luc Chatel, le Ministre de l’Education, a fait mettre en ligne des vidéos sur les rudiments de la gestion de classe à l'intention des enseignants stagiaires. Le SNES a dénoncé « Le degré zéro de la formation ». ### Plus de questions que de réponses Karine F. et Pascale P. ont accepté de nous confier leur journal de bord. Pascale a commencé le sien un mois après la rentrée. > [Lire le journal de bord de Pascale](http://sites.radiofrance.fr/franceinter/ev/pdf/journal_pascaleP.pdf) Karine est passée de la joie, après le Capes en juillet, au désarroi de septembre. > [Lire le journal de bord de Karine](http://sites.radiofrance.fr/franceinter/ev/pdf/journal_karineF.pdf "Lire le journal de bord de Karine") ### _Crédits photo :_ _© pst/Fotolia et S.Rae/Fotolia_
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