La rédaction s’est prononcée lundi matin à 85% en faveur d’un arrêt de travail de 24h reconductible pour s'opposer à la venue de Jean-Marc Morandini sur la chaîne.

la rédaction d'iTELE a voté la grève
la rédaction d'iTELE a voté la grève © AFP / Kenzo Tribouillard

La rédaction est en conflit ouvert avec la direction depuis la confirmation le 7 octobre de l'arrivée de Jean-Marc Morandini, alors que l’animateur est mis en examen pour "corruption de mineur aggravée". Prévu pour animer la tranche de 18H-19H avec une émission sur les médias , Jean-Marc Morandini a pris l'antenne à 18h00.

Avant la grève, il y a eu une motion votée à 92,2%, suivie d’une lettre ouverte publiée par Le Monde, ou la SDJ de la chaîne s’adressait directement à Jean-Marc Morandini lui demandant de ne pas venir.

La direction d’iTELE ou plutôt celle du groupe Canal + s’est contentée jusqu’ici de répondre par deux mots : « présomption d’innocence ». Ils en ont même fait un hashtag sur Twitter #JeSoutiensLaPresomptiondInnocence censé contrer celui lancé lundi par le personnel et repris par des milliers de twittos #JesoutiensiTélé.

C’est également avec ce tag que plusieurs journalistes de la rédaction ont fait savoir qu’il cessaient le travail, n'ayant pas d'autres solutions pour se faire entendre.

Alexandra Ackoun était ce lundi matin à iTELE

C'est durant l'assemblée générale que la rédaction a appris qu'Alexandre Ifi, l'un des journalistes historiques de la chaîne, nommé directeur adjoint de la rédaction par Céline Pigalle, l'ancienne directrice de l'information du groupe, a jeté l'éponge. Alexandre Ifi était devenu directeur de la rédaction par intérim après le départ en août de Guillaume Zeller, nommé à la tête de la rédaction par Vincent Bolloré alors qu'il n'avait pas l'expérience requise par le poste.

Une grève qui va au dela de l'arrivée de Morandini

C'est le deuxième gros conflit à iTELE, le premier s'était manifesté par une grève de quatre jours en juin dernier, qui suivait l'annonce d'importantes réductions d'effectifs et de projets de publireportages. Avec l'arrêt de travail qui a débuté ce lundi à 11h, les journalistes d'iTELE dénoncent également le manque de moyens, malgré les promesses de Vincent Bolloré, et l’absence de ligne éditoriale de la chaîne qui sera rebaptisée CNews le 24 octobre et qui a perdu la plupart de ses têtes d'affiche à la rentrée.

Pour la direction, si les journalistes d'iTELE ne veulent pas travailler avec Jean-Marc Morandini, ils n'ont qu'à quitter la chaîne et pour cela la direction dit ouvrir une "clause de conscience" à prendre ou à laisser avant le 21 octobre. Or la clause de conscience, qui peut être invoquée par un salarié d'une entreprise de presse quand il se trouve dans "une situation de nature à porter atteinte à son honneur, à sa réputation ou, d'une manière générale, à ses intérêts moraux", est une décision des salariés et non de la direction et n'est pas bornée dans le temps selon le Code du travail.

Plusieurs SDJ dont celle du Monde ou celle de Radio France soutiennent les journalistes d'iTELE.

Malgré une grève très suivie, la première émission de Jean-Marc Morandini a été diffusée ce lundi.

Jean-Marc Morandini a fait sa première ce lundi
Jean-Marc Morandini a fait sa première ce lundi © itele
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