La fronde est exceptionnelle et ne faiblit pas alors qu'un rapport doit être remis à la ministre Frédérique Vidal ce lundi matin. De plus en plus de présidents d'universités font savoir qu'ils n'appliqueront pas la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers.

De plus en plus de présidents d'universités font savoir qu'ils n'appliqueront pas la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers.
De plus en plus de présidents d'universités font savoir qu'ils n'appliqueront pas la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers. © Getty / Kiyoshi Hijiki

La mesure est prévue pour la rentrée prochaine : les étudiants hors Union européenne qui viendront en France en septembre devront s'acquitter de 2 770 euros en licence, contre 170 euros aujourd'hui. En master et en doctorat, les frais grimperont à 3 770 euros pour l'année. 

Des présidents d'université, aux syndicats étudiants, en passant par de nombreuses personnalités, la décision du gouvernement avait suscité un tollé en novembre dernier, lorsque le Premier ministre avait dévoilé son plan baptisé "Bienvenue en France". 

17 universités n’appliqueront pas la mesure

Devant la contestation, à la demande d'Edouard Philippe, la ministre de l'Enseignement supérieur a commandé un rapport sur les conditions d'accueil des étudiants étrangers en vue de les améliorer. Un rapport qui ne va certainement pas calmer la fronde. 

Au dernier comptage, 17 universités sur 72 au total ont fait savoir qu'elles n'augmenteraient pas les frais d'inscription à la rentrée prochaine pour les étudiants hors Union européenne. 

Elles ont l'intention d'utiliser toutes les possibilités réglementaires pour maintenir les tarifs actuels. Elles peuvent exonérer de frais certains étudiants dans la limite de 10% de leurs effectifs. 

Baisse de 10% des inscriptions d’étudiants hors UE pour l’année prochaine

Certains présidents d'université veulent le report d'un an car ils s'estiment pris de court par cette décision du gouvernement. Ils craignent une baisse de leurs effectifs. 

Et c'est ce qui se profile. L'agence Campus France, l'organisme qui recense les pré-inscriptions venant de l'étranger, a déjà enregistré début février une baisse moyenne de 10% du nombre d'étudiants hors Union européenne qui souhaitent entrer en licence l'année prochaine. Les plus fortes baisses concernent l'Algérie, la Tunisie, le Maroc.  Les craintes se confirment donc.

Mais pour l'instant, le gouvernement campe sur ses positions. 

La concertation lancée en janvier et dont le rapport est remis ce lundi 18 février vise uniquement à améliorer les conditions d'accueil de ces étudiants étrangers, avec plusieurs axes : 

  • Multiplier par trois le nombre de bourses et augmenter les exonérations de frais
  • Simplifier la délivrance des visas
  • Faciliter l'accès à un logement. 

Mais le principe et le calendrier de la hausse des frais d'inscription n'est pas remis en cause.
Or, c'est justement le point de litige. La contestation risque de se poursuivre.

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