[scald=109313:sdl_editor_representation]ORLEANS (Reuters) - Les augmentations du prix de l'essence en France ont modifié les habitudes des consommateurs, au point de les pousser parfois à éviter le paiement par des procédés qui inquiètent les professionnels, a constaté Reuters à Orléans (Loiret).

"Les pleins complets sont devenus très rares. Depuis près d'un an, les clients font des petits compléments qui vont de 10 à 20 euros maximum", explique à Reuters un employé d'une station-service située en centre-ville.

Cette station-service affiche le litre de sans plomb 98 à 1,65 euro, contre 1,70 euro chez son principal concurrent. Les clients s'y pressent.

Sur une dizaine d'automobilistes qui viennent régler leur essence à la caisse, un seul s'acquitte d'un montant supérieur à 50 euros. "Il y a six mois à peine, ils repartaient avec 25 litres d'essence pour 30 euros. Aujourd'hui, avec le même montant, ils ont 20 litres", explique un pompiste.

"En province, la question des carburants se pose différemment. Les gens sont obligés de prendre leur voiture. Les transports en commun ne constitue pas une alternative sérieuse", dit-il.

Selon plusieurs professionnels du secteur, l'augmentation du prix de l'essence aurait accentué la fraude, notamment avec des chèques sans provisions.

"Avant, nous avions des chèques volés. Aujourd'hui, ce sont des clients qui font des chèques sans provisions, à leur nom et sans avoir peur du gendarme", dit le même pompiste.

En réaction, les stations-services qui ne sont pas adossées à un supermarché n'acceptent plus les chèques depuis plusieurs mois. Les clients qui partent sans payer y seraient passés de un à deux par mois à deux par semaine, rapporte le professionnel.

Le phénomène le plus remarquable est sans doute l'explosion des reconnaissances de dette imposées aux pompistes par des clients désargentés.

"L'automobiliste fait le plein et il vient vous dire qu'il ne peut pas payer. On fait quoi dans ce cas, sachant que la police ne veut plus se déplacer ?", demande un gérant.

Dans ce cas, il dit faire signer une reconnaissance de dette et "laisser partir le client en espérant que celui-ci reviendra s'acquitter de sa dette".

Mourad Guichard, édité par Gilles Trequesser

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