Alertée au printemps dernier par une association de défense des patients, la Haute Autorité de Santé va travailler sur le sujet des bébés avec un aplatissement de l'arrête du crane

Depuis 1994, les autorités recommandant de ne plus coucher les bébés sur le ventre
Depuis 1994, les autorités recommandant de ne plus coucher les bébés sur le ventre © AFP / Photononstop / Catherine Delahaye

L'association d'usagers de la santé "Le Lien" soutient que faire dormir les bébés sur le dos, comme c'est recommandé depuis plus de 20 ans, déforme les crânes des nouveaux nés et provoque des "têtes plates" (aplatissement à l'arrière), qui peuvent conduire à des complications. Elle a lancé l'alerte en avril dernier. Suite à cette saisie, la Haute Autorité de Santé vient d'annoncer qu'elle va travailler sur le sujet et diffuser d'ici quelques mois un mémo à l'attention des professionnels et des patients.

Depuis qu'en 1994, les autorités ont recommandé de ne plus coucher les bébés sur le ventre, le nombre de morts subites du nourrisson, c'était le but, a été divisé par quatre. Mais parallèlement, la Haute Autorité de Santé relève que le nombre de bébé souffrant d'asymétrie crânienne a augmenté. Un phénomène que constate tous les jours Frédéric Zenouda, il est ostéopathe à Paris : "si je vois une vingtaine d'enfants par semaine, j'en vois quatre ou cinq qui ont la tête plate. Au dela du problème esthétique, vous aurez des problème de mâchoires, de succion, de scoliose à termes et on a vu qu'il y avait des troubles cognitifs qui peuvent être liés à la déformation du crane".

Pas question pour autant de recoucher les enfants sur le ventre. Frédéric Zenouda recommande surtout d'alterner les positions, et de les coucher par exemple un jour sur le côté droit un jour sur le côté gauche.

Claude Rambaud, la vice-présidente de l'association le Lien, voudrait elle que le sujet soit davantage pris au sérieux par les pédiatres : "il faut que les pédiatres vérifient s'il y a un problème ou pas. Il y a des pédiatres qui sont sensibles à la question mais pas tous et certains ne veulent pas qu'on en parle..."

Pour l'association, la démarche de la Haute Autorité de Santé marque un début de reconnaissance du problème. La HAS souhaite également que ces têtes plates, qui nécessitent souvent des séances de kiné, voire le port onéreux d'un casque orthopédique, soient prises en charge par la Sécurité sociale.

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