Six ans après la fermeture du centre de Sangatte, des associations pensent jeter l'éponge. De plus en plus de réfugiés, de moins en moins de moyens, des conditions de plus en plus dures.

A Calais, le collectif qui regroupe la plupart des associations d’aides aux réfugiés lance un ultimatum : ces associations arrêteront la distribution de repas dès la semaine prochaine, si les pouvoirs publics ne les aident pas. Ce serait un cataclysme pour ces réfugiés qui rêvent de passer en Angleterre.

Ils étaient 500 il y a encore 2 mois ; ils sont près de 800 aujourd'hui, mais les associations n'ont pas forcément de quoi nourrir toutes ces bouches. Elles estiment pouvoir gérer jusqu'à 600 personnes. Au-delà, la situation devient plus tendue et même dangereuse - les distributions de repas se font dans une cohue impressionnante. Des mouvements de foule dès qu'un migrant tente de doubler les autres. Car se faire doubler, ça peut pouvoir dire être privé de repas.

C'est le collectif C-SUR qui a lancé cet appel, cet ultimatum. En plus des repas, ces associations, dont le secours catholique, proposent des douches à ces migrants. Quatre douches pour près de 800 personnes - c'est peu mais c'est déjà ça - des vêtements sont aussi régulièrement distribués, tous les 15 jours.

Mais là, le collectif n'en peut plus, les bénévoles sont fatigués de travailler avec des ficelles, disent-ils, même s’ils reconnaissent que cette décision n’est pas facile à prendre. Ils savent mieux que quiconque que les réfugiés ont besoin d’eux pour survivre. Mais ce qu’ils veulent, c’est maintenant créer un électrochoc pour réveiller les consciences, en premier lieu, celle de l’Etat.

Reportage à Calais de Vanessa Descouraux

Une réunion a eu lieu le 13 novembre dans l’après-midi entre les associations et la Mairie de Calais.

Natacha Bouchart, le Maire UMP de la ville, n’a pas apprécie l’ultimatum du collectif. Elle a refusé toute aide financière ou humaine et affirmé que la distribution de repas continuera, avec ou sans ce collectif.

Un lieu plus adapté devrait être proposé prochainement.

Les associations, très déçues, se laissent un délai de réflexion.

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