Au lendemain d'une large colère contre la possible interdiction de la manifestation, le cortège, très encadré, s'est déroulé sans incident majeur.

Manifestation dans le calme à Paris
Manifestation dans le calme à Paris © Maxppp / Marion Vacca/Wostok Press

Dans la capitale, 60 000 personnes ont manifesté dans le calme sur le parcours en boucle imposé par les autorités, selon la CGT et Force ouvrière. Ils étaient entre 19 000 et 20 000, selon la préfecture de police. Les manifestants étaient tenus à un aller-retour d'un peu plus de 1,5 km entre la place de la Bastille et la Seine, avec interdiction de s'écarter de cet itinéraire très surveillé. En toute logique, aucun débordement n'a été signalé.

Le parcours, très encadré de la manifestation
Le parcours, très encadré de la manifestation / Visactu

La préfecture de police, qui avait invoqué la crainte de débordements semblables à ceux du 14 juin pour interdire le défilé, avait pris des mesures de sécurité renforcées, avec le déploiement de plus de 2 000 membres des forces de l'ordre et l'installation de grilles autour de la place de la Bastille. En amont et au départ de la manifestation, 95 personnes ont été interpellées, certains avec  des objets pouvant servir de projectiles ont été interpellées. Les syndicats ont également renforcé leur propre service d'ordre.

"Aucune violence, aucun débordement ne sera toléré", avait prévenu mercredi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, après avoir trouvé un compromis in extremis avec la CGT et FO sur l'itinéraire de jeudi. Les manifestants, dont beaucoup regrettaient le parcours circulaire imposé par les autorités, ont à nouveau affirmé leur détermination à obtenir le retrait de la loi Travail.

"Tout le monde déteste : la loi Travail, le capitalisme, le Medef, l’État policier, le gouvernement", pouvait-on lire sur une bannière accrochée au pied de la Colonne de Juillet, place de la Bastille. Ou encore, cette banderole : "Ce que le pouvoir fait, la rue peut le défaire".

"Nous irons jusqu'au bout"

À Marseille, 2 840 personnes ont manifesté jeudi matin selon la police, 45 000 selon les organisateurs. À Toulouse, elles étaient entre 3 500 et 12 000, soit environ deux fois moins que lors de la précédente journée d'action, le 14 juin. À Bordeaux, les manifestants étaient 2 000, selon la préfecture, et 7 000 d'après les organisateurs. À Rennes, où 1.500 à 3.000 personnes ont manifesté, des vitrines de banques et d'agences immobilières ont été taguées ou brisées par des manifestants. CGT et FO en appellent toujours à l'intervention de François Hollande pour débloquer la situation et mettent en cause l'intransigeance de son Premier ministre, Manuel Valls.

"Il faut qu'il prenne les affaires en main", a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez à propos de François Hollande, en soulignant que la CGT n'avait reçu à ce jour aucune réponse à un courrier adressé le 20 mai à l’Élysée. "Sur ce projet de loi, nous irons jusqu'au bout", a répondu jeudi le chef de l’État, lors d'une visite à la Cité de refuge de l'Armée du salut, à Paris.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.