Est-ce que nos nouveaux modes alimentaires, avec la restauration rapide, pourraient être à la source de certaines dépressions ?

La malbouffe, responsable partiel de la dépression ?
La malbouffe, responsable partiel de la dépression ? © Getty / Henrik Sorensen

Cette semaine, Ali Rebeihi consacrait une émission sur la dépression, avec les docteurs Antoine Pélissolo,Pascal-Henri Keller et Sarah Chiche. Cette émission de Grand bien vous fasse était réalisée en partenariat avec Arte - qui diffuse ce samedi un documentaire passionnant sur le sujet (documentaire qui est disponible dès aujourd'hui sur le site internet de la chaîne).

Dans ce documentaire, on apprend notamment que les antidépresseurs n'ont pas d'effet sur environ un tiers des malades souffrant de dépression… L'hypothèse des chercheurs est qu’il pourrait s’agir de patients dont l’organisme présente un niveau d’inflammation élevé.

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Des troubles psychiques d’origine biologique

Au micro d'Ali Rebeihi, le docteur Antoine Pélissolo a rappelé que "Corps et esprit ne sont plus aussi dissociés qu’on le pense habituellement".

Quand on agit sur le corps avec l'activité physique, l’alimentation, le sommeil, on améliore la santé mentale – et inversement.

Les chercheurs s'interrogent : est-ce que nos nouveaux modes alimentaires, axés sur la restauration rapide, pourraient en partie expliquer la prolifération de certaines de ces bactéries dans nos organismes ?

Antoine Pélissolo : "Tout ce qui est excessif en hydrate de carbone (sucre) et protéine animale produit de l'inflammation. Au contraire, ce qui est lié au végétal, les fruits et les légumes, ont plutôt des effets anti-inflammatoires et sont plutôt bénéfiques pour réduire ce stress biologique notamment à l'égard du cerveau".

Aline Perraudin, directrice de Santé magazine, signale une étude australienne portée sur une soixantaine de personnes souffrant de dépression modérée à sévère, à qui on a fait suivre un régime méditerranéen... Résultat : un tiers des personnes ayant suivi le régime méditerranéen était en rémission.

Manger sain serait bon pour notre santé mentale.

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Tous les malades de dépression ne seront certainement pas soignés si on remplace leurs hamburgers par des tians de légumes - mais c'est une piste... On parle même de psychothérapie nutritionnelle aujourd'hui.

Sarah Chiche, psychanalyste, évoque le cas particulier d'une patiente souffrant d'une dépression forte... mais qui avait en fait une hyperthyroïdie carabinée - qui présente les mêmes symptômes mais qu'on ne peut pas déceler à moins de faire un chek-up complet. À son avis :

Tout psychanalyste, au lieu de gloser sur le commentaire du commentaire de vieux maître, devrait acquérir des conséquences minimales en neurobiologie et en médecine - et surtout savoir dire parfois : "Je ne sais pas" !

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