Le mouvement anti-mariage pour tous visait un retour en force avec un nouveau défilé, deux ans après le dernier de grande ampleur. Mais peine à rassembler autant.

Autocollant de la "Manif pour tous" lors d'un rassemblement en 2014
Autocollant de la "Manif pour tous" lors d'un rassemblement en 2014 © Reuters / Gonzalo Fuentes

Un appel électronique aux 400.000 contacts de l'association, des affiches collées un peu partout en Ile-de-France, et des tracts rose et bleu jusqu'à l'overdose (l'organisation assure qu'elle a même dû en réimprimer) : pas de doute, la "Manif pour tous" est de retour, venue tester son influence à quelques semaines de la primaire de la droite et du centre, dont les candidats restent globalement circonspects sur cet acteur de plus en plus flou du jeu politique.

Une exception : Jean-Frédéric Poisson, qui a défilé avec eux en souvenir de son virulent engagement contre le mariage pour tous. Dans le même cortège, mais à des emplacements divers, Hervé Mariton, Marion Maréchal-Le Pen ou Nicolas Dupond-Aignan.

Le mouvement assure que chaque fois qu'on annonce sa fin, il se rassemble "plus large que jamais". Jusqu'ici, les faits n'allaient pas franchement dans ce sens, avec 70.000 personnes (500.000 pour les organisateurs) lors de la dernière grande manifestation à Paris, en octobre 2014. Contre 300.000 (police) à 1,4 millions (organisateurs) en mars 2013. Et le mois dernier, l'université d'été du mouvement, dans l'Essonne, n'avait rassemblé que 375 militants. Même constat en demie-teinte à la fin de cette mobilisation dominicale : la préfecture de police dit avoir compté entre 23.000 et 24.000 manifestants. Les organisateurs, eux, en ont vu presque dix fois plus : ils revendiquent 200.000 participants. Ce qui reste largement en-dessous des grandes heures du mouvement.

Il faut dire qu'en deux ans, les revendications sont devenues difficilement identifiables, entre demande d'interdiction de la PMA et de la GPA (déjà interdite), inquiétudes sur une (hypothétique) "théorie du genre", défense de la "liberté éducative" ou dénonciation plus large d'une "dérive sociétale". Les opposants, eux, étaient toujours présents : un grand "kiss-in" (un rassemblement où tout le monde s'embrasse) était organisé dans l'après-midi place de la République. La "Manif pour tous" ne les a pas croisés : elle défilait de la porte Dauphine au Trocadéro, de l'autre côté de Paris.

Du web à la rue

Depuis 2014, si elle était moins visible, la "Manif pour tous" n'a pas chômé pour autant. Et c'est surtout sur le web qu'on a vu ses militants se mobiliser. D'ailleurs, c'est aussi là qu'on a vu son encéphalogramme rebondir depuis quelques semaines, avant la manifestation de dimanche.

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