Le nom de la marque Karchër s'est largement banalisé dans le discours politique, notamment depuis l'utilisation qu'en avait fait Nicolas Sarkozy en 2005. Ce vendredi, le groupe familial allemand publie un communiqué dans plusieurs journaux français pour tenter, encore une fois, de laver son image.

La marque allemande Kärcher souhaite que son nom cesse d'être banalisé dans la bouche des politiques
La marque allemande Kärcher souhaite que son nom cesse d'être banalisé dans la bouche des politiques © AFP / Felix Kästle / DPA / dpa Picture-Alliance

Le 20 juin 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, prononce pour la première fois cette fameuse phrase : "On va nettoyer au Kärcher la cité". La veille, un enfant de 11 ans, Sidi-Ahmed Hammache, a été tué par balles devant chez lui, à la cité des 4000 à la Courneuve. L’utilisation, d'ailleurs réitérée, de ce terme dans le contexte et dans la bouche du ministre fait alors polémique. Quinze ans plus tard, l'expression s'est pourtant banalisée dans les discours des politiques, mais aussi dans le langage commun.  

L'entreprise familiale allemande demande aujourd'hui que le terme lui soit rendu. "Kärcher ne souhaite pas que son nom soit et sa marque soient empruntés par le discours ou ou pour tout autre sujet qui désignerait autre chose que ses produits" écrit-elle dans un communiqué publié ce vendredi dans plusieurs journaux français, dont Le Figaro, Vosges Matin ou La Voix du Nord. 

C'est donc dans la presse française que l'entreprise allemande a choisi de se plaindre ce vendredi. Dans chaque journal, le communiqué occupe une pleine page. Un espace payant que le groupe s'est offert pour diffuser son message : "Kärcher souhaite balayer son nom du discours politique", avant de rajouter : "Kärcher est une marque déposée dont l'usage est protégé". Puis pour redorer son image, la marque évoque ses "valeurs familiales", ainsi que sa participation "à la restauration des monuments historiques à travers le monde" depuis 30 ans. 

Elle explique également ses projets à venir : "En 2020 et 2021, la France - avec la restauration de l'Escalier en fer à cheval du Château de Fontainebleau - sera une nouvelle étape (...) après avoir nettoyé le Christ de Rio, les colonnades de la place Saint Pierre à Rome, la Statue de la Liberté (...), la Cathédrale de Berlin (...)" déclare l'entreprise. Elle affirme enfin son engagement sur la neutralité carbone de ses sites de production d'ici 2021. 

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Une demande de longue date

Le message est clair. Mais c'est loin d'être le premier communiqué publié par le groupe Kärcher. En 2017 notamment, le groupe allemand avait envoyé une lettre recommandée à 19 candidats déclarés à la présidentielle 2017, constatant "l'utilisation régulière du nom de (la) société sur la scène politique, en relation avec des sujets de société pour le moins sensibles", pour "désigner une ligne d'action politique, souvent au moyen de néologismes tels que “karchériser” et “karchérisation”". Il avait déjà demandé, comme en 2007 et en 2012, que son nom ne soit plus associé "avec une question politique, polémique et négative porte préjudice à notre entreprise, à ses valeurs, à ses clients et à ses collaborateurs". Une volonté de se détacher du discours politique qui ne date donc pas d'hier. L'encart publicité en pleine page dans  les journaux fera-t-il la différence ? 

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