De Ella Fitzgerald à Justin Timberlake, en passant par Michael Jackson, les Rolling Stones, Beyoncé, Lady Gaga... la mi-temps du Super Bowl est devenue incontournable. Elle instaure ainsi que le spectacle, qu'il soit sportif ou musical, doit avant tout être total. Que nous dit-elle de la culture américaine ?

La performance de Beyoncé saluée par la critique montra que Queen B était une performeuse hors-norme dans la lignée de Madonna
La performance de Beyoncé saluée par la critique montra que Queen B était une performeuse hors-norme dans la lignée de Madonna © AFP / Mike Ehrmann

Personnellement je n’ai jamais rien compris aux règles du football américain, et ce malgré un visionnage extrêmement attentif de la super série "Friday Night Lights". En revanche, regarder le spectacle produit pour la mi-temps de la finale est devenu un rendez-vous immanquable de ma carrière de "binge watcheuse". Et autant le dire tout de suite, je ne suis pas la seule. Puisque tous les médias se tournent désormais vers le commentaire de cette performance, plus que vers le match lui-même. 

La preuve, même France Inter y est allé de sa petite analyse sur la prestation de Justin Timberlake, qui pour la troisième fois (en comptant sa première avec le boys band NSYNC) divertit les foules au moment de la pause pipi. 

La mi-temps du Super Bowl, qu'est-ce que c'est ? 

Dix à quinze minutes d’une superproduction à l’américaine assurée par une star de la pop ou du rock (on va rarement chercher un quatuor à cordes de musique minimaliste, bizarrement). Le stade est rempli, les cornets de pop-corn aussi, et c’est parti pour un medley mettant en scène ladite star, accompagnée de danseurs, figurants, flammes, écrans géants et autres prouesses techniques à faire pâlir les arrivées de Johnny au Stade de France.  

Pour la petite histoire, la très honorifique NFL a toujours refusé de rétribuer les artistes, sous prétexte qu’elle n’allait pas payer un spectacle pendant que les spectateurs allaient aux toilettes. En revanche, elle couvre tous les frais de production. Ce qui - au vu des vidéos- doit tout de même représenter une coquette somme. Et faire boire pas mal de Pepsi à tout le monde. 

Cette tradition du spectacle de la mi-temps dans les matches de football existent depuis toujours aux États-Unis. Elle était plus sobrement assurée avant par les fameux « marching band », ces personnes qui arrivent à jouer du trombone à coulisse tout en tournant sur eux-mêmes, sans assommer leur voisin de devant. 

Et puis à partir des années 1990, c’est le tournant. Les gars en costume qui soufflent dans une trompette passent au second plan, place à la pop culture. La rupture se fait en 1993, Michael Jackson, le King of Pop lui-même assure le show. 

Son entrée sur scène est totalement excessive, mais complètement jouissive. Ce n’est pas un mais TROIS Michael Jackson qui apparaissent successivement dans différents endroits du stade, à la façon Power Rangers. Il faut attendre quasi deux minutes d’hystérie totale de la foule avant d’entendre les premières notes. Autant dire que le Roi savait y faire. 

Qu’est-ce que ça nous dit de la culture américaine ? 

De façon assez évidente, qu’elle est poreuse. Qui imaginerait une seule seconde qu’en finale de La Coupe de la Ligue, on puisse avoir un tel moment de performance ? Certes, l’idée n’est pas anodine, il s’agit bien sûr de ramener un public plus large sur un spectacle qui a déjà le sien.

Mais si l’on devait comparer à la France par exemple, ne serait-ce pas là une solution pour décloisonner les genres comme c’est si souvent si bien formulé dans les objectifs des différents ministres de la Culture, et autres institutions publiques. 

La récente interprétation du Don’t Look Back in Anger d’Oasis par La Garde Républicaine pourrait le mieux confirmer cela. 

Notons au passaque que c'est dans le rugby, et plus précisément avec le Stade Français, que l'on pourrait trouver une dynamique semblable. Max Guazzini, ancien président du groupe NRJ, a instauré ce sens du spectacle dans les matchs de son club. 

On nous dit sans cesse, pour faire très simple, que les États-Unis sont aussi grands par la taille que par les différences. Pour autant, 1 américain sur 3 regarde cette finale chaque année et donc ce « halftime show ».  C'est le programme télé le plus vu aux Etats-Unis (103,4 millions de téléspectateurs pour cette année). 

A l’heure où pour l’instant la seule « idée » envisagée pour préserver la musique française a été d’imposer des quotas aux radios, ne serait-il pas temps de donner le numéro de la FFF aux représentants de la Culture ?  

Le top 5 (totalement subjectif, et tous à égalité)  :

  • Michael Jackson pour les raisons évoquées plus haut
  • Beyoncé qui réunit les Destiny's Child et semble défier le monde entier de son regard
  • Sir Paul McCartney, parce que même sans choré, il a le droit à ses flammes sur Live and Let die
  • Prince, rien que pour le Purple Rain final et son lâcher de micro qui nous confirme que c’est pas du playback ! 
  • Madonna parce que j'ignore encore comment elle parvient toujours à faire sa Nadia Comaneci sur talons hauts

Réécoutez Pop & Co : Mi-temps de la finale du Super Bowl : entre Justin et #JusticeForJanet

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.