Plusieurs centaines d'opposants organisent ce weekend deux jours de mobilisation pour protester contre le projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). La préfecture a pris, ce vendredi matin, un arrêté interdisant toute manifestation.

Le site de Bure (Meuse) doit accueillir les déchets les plus radioactifs actuels et futurs du parc nucléaire français
Le site de Bure (Meuse) doit accueillir les déchets les plus radioactifs actuels et futurs du parc nucléaire français © AFP / Bruno Coutier

La préfecture de la Meuse annonce qu'elle interdit "toutes manifestations dans le secteur de Bure", alors que les opposants au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires appellent à un rassemblement ce week-end. "Aucune démarche de déclaration n'a été faite alors que la loi l'exige", justifie la préfecture dans un communiqué publié ce vendredi matin, dénonçant notamment un "refus de dialogue et le risque avéré de troubles graves à l'ordre public".

La préfecture prévient que "le dispositif opérationnel sera adapté en conséquence pour prévenir le risque de violences et de débordements", et lance un appel "à la responsabilité", une semaine après l'évacuation du bois Lejuc à Bure, où les militants avaient installé des cabanes. Le 22 février, l'évacuation d'une quinzaine d'occupants du bois avait mobilisé 500 gendarmes. Il s'agissait d'un des lieux les plus stratégiques de la contestation, puisque ce site a été retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo. 

Et malgré l'évacuation manu militari du bois occupé depuis août 2016 et l'interdiction de manifester, les opposants ont décidé de maintenir le weekend de mobilisation dans le village de la Meuse. L'occasion aussi pour des partis politiques comme la France insoumise de dénoncer l'attitude du gouvernement face aux manifestants

Un "joyeux chaos" contre le cimetière nucléaire

Les opposants au projet Cigéo sont mobilisés de longue date. Le rassemblement prévu ce weekend a été organisé depuis de nombreux mois, avant l'expulsion du bois Lejuc. Les militants prévoient d'accueillir plusieurs centaines de personnes ce samedi et ce dimanche dans le village de Bure, sur le site d'enfouissement des déchets, et promettent un "joyeux chaos". Sont prévues notamment une "marche vers la forêt", la construction d'une "vigie en lisière du bois", ou encore des lectures ou des concerts. Plusieurs rassemblements festifs de la sorte ont déjà été organisés ces derniers mois. 

Après l’expulsion des occupants du bois Lejuc, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, devait rencontrer les associations de lutte contre le projet Cigéo. Sans succès : les associations d'opposants ont boycotté la réunion. 

Le site, vaste de 221 hectares, a été retenu par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo, qui vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. Le projet, qui n'a pas d'équivalent en France, doit voir le jour dès 2022.

Une perspective que refusent catégoriquement les opposants au projet Cigéo, qui considèrent le site de Bure comme une Zad, "zone à défendre", comme l'était devenu le site de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Le projet d'aéroport a finalement été enterré par le gouvernement le 17 janvier dernier. A Bure, les militants espèrent que leurs efforts porteront aussi leurs fruits et maintiennent donc la mobilisation. 

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.