En annonçant qu'elle va rembourser une partie des dépenses de protections hygiéniques de ses adhérents, la mutuelle étudiante LMDE fait un pas de plus vers la normalisation de l'image des règles dans notre société. Il reste pourtant beaucoup de chemin à parcourir, notamment dans les publicités à la télévision.

Protections hygiéniques
Protections hygiéniques © Getty / BSIP

C'est la première à franchir le pas en France : La Mutuelle des Etudiants (LMDE) a annoncé ce lundi qu'elle allait désormais rembourser une partie des achats de protections hygiéniques de ses adhérents, à hauteur de 20 à 25 euros par an. Cette offre, qui est intégrée aux contrats souscrits depuis le 1er avril, puis qui sera progressivement étendue à tous les assurés de la LMDE au moment du renouvellement de leur adhésion, n'est pas réservée aux femmes : les hommes pourront aussi y prétendre, pour en faire profiter leur entourage. Pour en bénéficier, l'adhérent(e) devra envoyer les tickets de caisse à la mutuelle, par courrier ou via son espace personnel en ligne.

La somme, qui peut paraître modeste, représente tout de même la totalité des frais engagés par celles qui ont choisi la cup comme méthode de protection, et une part non négligeable des achats de celles qui ont choisi les serviettes hygiéniques ou les tampons. Selon une étude citée par la LMDE dans son communiqué, une femme utiliserait en moyenne 22 tampons ou serviettes par cycle, ce qui représenterait 1 500 à 2 000 € de budget au cours de sa vie. La vingtaine d'euros remboursée à l'année par la LMDE pourra donc venir soulager (un peu) des budgets étudiants souvent très serrés.

Un pas de plus vers la fin du tabou des règles ?

Outre l'aspect financier, la LMDE frappe aussi un coup symbolique : en considérant les dépenses liées aux menstruations comme des frais de santé à part entière, la mutuelle étudiante brise un peu plus le tabou entourant ce cycle biologique. Le collectif Georgette Sand avait déjà entamé ce travail de reconnaissance en 2015, en réclamant que la TVA appliquée aux protections hygiéniques passe de 20%, le taux normal, à 5,5%, le taux réservé aux produits de première nécessité. Après plusieurs semaines de débat, les députés avaient finalement accédé, en décembre 2015, à la demande du collectif.

Reste encore à faire évoluer la représentation des règles à la télévision, car, comme le montre le blog Dans ma culotte, c'est à très petits pas que leur image se normalise dans les publicités depuis les années 20.  En mars dernier, la marque Nana a suivi l'exemple de sa filiale britannique Bodyform, en utilisant pour la première fois en France un liquide rouge pour représenter le sang absorbé par la protection, en lieu et place du liquide bleu qui jusqu'ici faisait l'unanimité. Intitulé "Les règles, c'est normal. Les montrer devrait l'être aussi", le spot, vu plus d'un million de fois sur YouTube, a reçu un accueil pour le moins mitigé, notamment sur Facebook et Twitter, entre ceux qui y ont vu un progrès, un pas de plus vers la fin de l'omerta, et ceux qui au contraire se sont dits choqués qu'une publicité grand public aborde le sujet aussi crûment, et rende le sang aussi réaliste.

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