La justice a validé ce jeudi un nouvel arrêté de piétonnisation des voies sur berge à Paris, mesure phare de la maire de la capitale, Anne Hidalgo, que même ses détracteurs ont fini par accepter.

Rollers, vélos et promeneurs sont les bienvenus sur les quais depuis octobre 2016
Rollers, vélos et promeneurs sont les bienvenus sur les quais depuis octobre 2016 © AFP / Bertrand Guay

La mairie de Paris peut souffler. Quelques jours après l'annulation en appel d'un premier texte qui avait interdit la circulation automobile sur une partie des quais de la rive droite de la Seine, la justice a autorisé jeudi un nouvel arrêté de piétonnisation. 

Celui-ci prévoit exactement les mêmes fermetures que depuis octobre 2016, mais s'appuie sur la nécessité de protection du patrimoine mondial. Et non sur l'argument de la pollution automobile comme le faisait le premier texte, qui avait été rejeté lundi par la cour administrative d'appel de Paris en raison d'une étude d'impact partielle, selon la justice.

Le tronçon concerné se situe "dans le cœur historique de Paris et à proximité de monuments emblématiques". Voilà pourquoi le tribunal a rejeté les demandes des plaignants. 

Une mesure au départ impopulaire et de plus en plus acceptée

Anne Hidalgo a voulu faire de la piétonnisation des voies sur berges l'une des mesures phares de son mandat à la tête de la capitale. Et si cette interdiction des voitures a cristallisé les passions et divisé les élus parisiens à son adoption en octobre 2016, deux ans plus tard, un proche de la mairie de Paris balaie : 

Je n'entends plus personne contester cette fermeture sur le fond 

Cette nouvelle décision a soulagé les élus de gauche comme le groupe communiste et Front de gauche, qui a estimé dans un communiqué que "la fermeture des voies sur berges est une décision qui va dans le sens de l'histoire". Danielle Simonnet, élue de la France Insoumise va plus loin : " la piétonnisation des nouvelles voies doit se poursuivre".

Même l'opposition, au départ si critique, avait du mal à cacher sa satisfaction à l'annonce de la décision. 

Si Pierre Auriacombe, le président du groupe PPCI, proche de LREM notait que _"Les différents désaveux judiciaires ont montré la désorganisation et les limites du cabinet de Mme Hidalgo", les Républicains se réjouissent de "la fin d'un feuilleton en justice de deux ans"_. 

Pour le député Pierre-Yves Bournazel (Agir-Les Constructifs) "cette décision permet enfin de sortir la ville de Paris des péripéties juridiques. Il faut se réjouir que les risques qui pesaient sur le projet soient levés et que les Parisiens puissent profiter de la piétonnisation des berges." 

Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France qui n'a toujours pas accepté "la méthode" Hidalgo, reconnaissait dimanche que "l'objectif était certainement louable". En mars dernier Benjamin Griveaux, probable candidat à la mairie de Paris, s'était même dit favorable à la pietonnisation des voies sur berge, tout en critiquant lui aussi "méthode" d'Anne Hidalgo,

À se demander si lors des municipales, il y aura des candidats pour réclamer le retour des voitures sur les berges, alors que la piétonnisation a la faveur des Parisiens. En mars ils étaient 55% à s'y déclarer favorables. 

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