François Hollande a rencontré les syndicats de police à 18h ce mercredi à l'Elysée, puis le Conseil de la fonction militaire de la gendarmerie à 19h30 avant l'annonce d'un plan.

Des policiers ont manifesté ce mercredi devant l'Assemblé Nationale
Des policiers ont manifesté ce mercredi devant l'Assemblé Nationale © Maxppp / LP/Olivier Arandel

Le Premier ministre Manuel Valls, les ministres de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas participaient également aux rencontres.Peu avant 20h, Bernard Cazeneuve a rendu publiques les propositions de l’exécutif. Un plan qui répond à plusieurs revendications syndicales énoncées depuis un an et qui n'épuisent pas la concertation en cours jusqu'à mi-décembre.

250 millions d'euros pour les équipements

4 600 policiers sortent d'école de formation cette année, et 4 600 l'année prochaine. Il est reconnu que la hausse des effectifs et moyens a beaucoup concerné, jusqu'ici, les services anti terrorisme et primo intervenants les plus exposés (BAC et PSIG).

Ce plan vient compléter de la feuille de route sociale de 865 millions signée au printemps. Bernard Cazeneuve annonce une enveloppe de 250 millions d'euros pour les équipements et mettre les compagnies d'intervention au même niveau que les BAC et PSIG gendarmerie , grâce à des casques et visières pare-balles, boucliers balistiques, gilets porte plaque, 440 fusils HKG36. A noter également les équipement des patrouilles policiers et gendarmes : gilets pare-balles porte plaque, 20 000 gilets pare-balles individuels, boucliers balistiques, 5 500 armes nouvelles en dotation collective pour remplacer les vieilles.

Coté protection des véhicules : 16 132 véhicules neufs acquis depuis 2012. 6 380 livrés en 2017 (3 080 pour la police), avec une attention portée à des choix de modèles adaptés.

Une enveloppe travaux et entretien des commissariats et des casernes et des perspective de déconcentration des budgets pour plus de réactivité.

La chasse aux tâches indues est déclarée avec la fin des gardes statiques devant préfectures et tribunaux, remplacées par gardiennage et vidéo. En concertation avec Jean-Jacques Urvoas et la médecine de ville, un plan pour mettre fin aux tâches chronophages : transfèrements de détenus, garde des détenus malades.

Enfin, les sanctions pour délit d'outrage aux policiers et aux gendarmes seront très rapidement alignées sur celles des magistrats, elles passeront de six mois à un an de prison, de 7500 à 15 000 euros d'amende. Quant à l'assouplissement de la légitime défense à laquelle s'oppose le Garde des sceaux, une réflexion approfondie devrait être engagée. A noter également un meilleure retour d'information et de circulation de l'information entre police et justice et des mesures pour protéger l'anonymat des policiers dans le cadre des procédures qui le justifient mais aussi pour certaines interventions lors desquelles les policiers pourront revêtir une cagoule.

Les syndicats de policiers ont salué mercredi des annonces importantes

"Il y a eu des annonces importantes faites ce soir", a commenté Yves Lefebvre, le secrétaire général du syndicat Unité SGP Police, qualifiant de "très fortes" les mesures qui concernent la "protection des policiers" et "les tâches indues". En revanche, "reste en suspens pour notre organisation la problématique de la politique du chiffre dans la police nationale", a-t-il ajouté. Jean-Marc Bailleul, le secrétaire général CFDT et ses composantes polices a également noté le "positif dans les annonces, maintenant il va falloir que ça se concrétise très rapidement sur le terrain pour que la grogne légitime que les policiers ont exprimée cesse". Quant à Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance Police nationale, il salue des "avancées importantes, conséquentes, notamment "une avancée importante" sur la légitime défense ou "l'anonymisation".

"Il est hors de question de nous faire voler le mouvement par les syndicats"

Les policiers protestataires demandent également une rencontre avec François Hollande ou Bernard Cazeneuve "sans les syndicats", faute de quoi les manifestations "continueront tant qu'ils ne seront pas reçus". Ils s'étaient donné rendez-vous à 14H00 devant l'Assemblée nationale. Pour les policiers de base, les annonces ne calmeront pas la contestation.

Le reportage de Nathalie Hernandez

Il est probable que malgré les annonces, une nouvelle manifestation se déroule cette nuit.

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