Devant la polémique grandissante sur l'affaire du commandant de police de Toulon filmé en train de frapper des personnes lors d'une manifestation de gilets jaunes à Toulon, c'est le préfet du Var qui a décidé de saisir l'IGPN, la police des polices, pour faire toute la lumière sur les coups portés par le policier.

Affrontements entre les 'gilets jaunes' et la police dans les rues de Toulon, le 6 janvier 2019
Affrontements entre les 'gilets jaunes' et la police dans les rues de Toulon, le 6 janvier 2019 © Radio France / Capture écran vidéo Facebook

Le préfet du Var a saisi l'IGPN (inspection générale de la police nationale) après la diffusion d'une vidéo montrant un officier de police frappant plusieurs personnes lors d'une manifestation de "gilets jaunes" samedi à Toulon. 

Cette décision intervient après que le procureur de la république à Toulon a décidé de ne pas poursuivre le commandant Andrieux, qui avait été filmé en train de frapper des personnes dans le cadre du maintien de l'ordre d'une manifestation de Gilets jaunes sur l'avenue Vauban à Toulon. 

"Dans le cadre de mes responsabilités administratives, j'ai saisi l'IGPN afin qu'une enquête permette de faire toute la lumière sur les suspicions de violences policières à Toulon.", a tweeté dimanche soir Jean-Luc Videlaine, préfet du Var. 

Le policier filmé, Didier Andrieux, commandant divisionnaire, responsable par intérim des 400 policiers en tenue de Toulon, fait partie de la promotion à la Légion d'honneur du 1e janvier 2019. Il a 34 ans de service à son actif, mais a déjà été sanctionné après une altercation avec l'un de ses collègues, un brigadier major, selon les informations de France Inter.  

Peu avant l'annonce de la décision du préfet, David Le Bars, le secrétaire général du SCPN, syndicat des commissaires de la police nationale, rappelait que "la police nationale est l'institution la plus contrôlée", ajoutant que le policier"rendra des comptes". Évoquant la vidéo qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrant Andrieux en train de frapper des personnes, il précise tout de même que "la séquence de 10 secondes peut choquer. Il faudra que cette image soit mise dans un contexte, qu'on sache ce qui s'est passé. C'est la justice qui se prononcera ce qui a pu être fait par cet officier"

Sur la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on le voit donnant plusieurs coups de poing au visage d'un homme plaqué contre un mur, avant que d'autres fonctionnaires ne s'interposent, puis frapper, de nouveau à coups de poings, un "gilet jaune" qu'il retient sur le capot d'une voiture. 

"Il y avait un contexte insurrectionnel avant et après ces vidéos, dans lequel il était impossible d'interpeller quelqu'un sans violence, et il a agi proportionnellement à la menace", avait estimé Bernard Marchal, procureur de la République à Toulon, qui n'a pas ouvert de procédure contre le fonctionnaire.  

Le premier homme frappé par Andrieux était connu pour des violences et des antécédents psychiatriques, et la seconde personne avait déjà commis par le passé des violences envers des policiers.

"Nous avons pu établir que cet homme faisait partie d'un groupe d'une cinquantaine de casseurs qui avaient dégradé des voitures dans les minutes avant la vidéo", a ajouté le procureur. 

"Je lui donne deux autres coups, car je ne sais pas s'il a lâché le tesson"

Dans une interview à Nice Matin, le commandant Andrieux explique avoir d'abord envoyé un coup sur la main de l'homme, "pour lui faire lâcher le tesson". Puis, "je lui donne deux autres coups, car je ne sais pas s'il a lâché le tesson".  Le policier déclare que lors de son intervention , il avait l'arcade sourcilière en sang, ayant lui-même reçu un tesson de bouteille. Il  assure connaître "un multirécidiviste et qui n'a rien à voir avec les gilets jaunes". L'homme a été arrêté, placé en garde à vue, et comparaîtra lundi à Toulon.  Dans une seconde séquence de la vidéo,  Didier Andrieux assure qu'il s'agit "de l'interpellation d'un homme qui se rebellait". Ce dernier a lui aussi été arrêté et placé en garde à vue. Un deuxième individu masqué, son frère, a pu échapper aux policiers selon le procureur.  Sept personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue suite à ces débordements samedi. 

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