Selon le rapport de RSF sur la liberté de la presse dans le monde, 2016 a été une mauvaise année pour les médias. Les démocraties, dont la France, n'ont pas de quoi être fières.

Les médias français attaqués par plusieurs personnalités politiques en 2016
Les médias français attaqués par plusieurs personnalités politiques en 2016 © Maxppp / Philippe Turpin

Reporters Sans Frontières publie son rapport 2017 ce mercredi, présentant les chiffres sur la liberté de la presse dans le monde en 2016. En tête du classement : la Norvège, où la situation de la presse et le droit d'expression sont le mieux respectés. La Corée du nord arrive dernière du classement, ravissant la place au Burundi.

Jamais la liberté de la presse n'a été aussi menacée

La carte de la liberté de la presse de RSF en 2016
La carte de la liberté de la presse de RSF en 2016 © RSF

Reporters Sans Frontières constate que les démocraties ne sont pas épargnées par des attaques envers les médias, y compris la France. Selon RSF, la presse est libre en France, et plutôt bien protégée par la loi. Et la France est passée de la 45 ème place en 2015 (année de l'attentat contre Charlie Hebdo) à la 39 ème place en 2016. Mais le paysage médiatique français est concentré aux mains de grands groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme, comme c'est le cas par exemple avec le groupe Bolloré. L'indépendance éditoriale est donc menacée.

Une recrudescence de pratiques violentes des forces de l’ordrecontre des reporters, à l’occasion des manifestations contre la loi travail ou du démantèlement de la jungle de Calais, a également été observée. Enfin, politiques et population ont manifesté une hostilité grandissante envers les médias pendant la campagne présidentielle

Une hostilité grandissante à l’égard des journalistes

François Fillon. Après les révélations du Canard enchaîné et d’Envoyé spécial sur Pénélope Fillon, le candidat des Républicains, François Fillon, et nombre de ses soutiens, s’en sont pris violemment au travail des journalistes. Ils les ont attaqués en meetings et les ont fait huer (comme Jean-Pierre Raffarin notamment en février lors d'un meeting de Fillon à Poiters).

Christophe Deloire, secrétaire général de reporters Sans Frontières :

Les militants pensent que l'information ne devrait être que les chaines Youtube de leur candidat, sans opposition

Marine Le Pen n'a de cesse de remettre en cause le travail des journalistes, et le FN ne se prive pas d'interdire l’accès à ses meetings et réunions à tout média qui ne lui convient pas. Robert Ménard, maire proche du FN de Béziers, lui-même ancien journaliste et ancien président de RSF (!), a fait placarder dans sa commune une photo d'un chien tenant dans sa gueule un exemplaire de « Midi libre » au-dessus d'une inscription : « Tous les jours, l'info en laisse »

Jean-Luc Mélenchon, pourtant ancien journaliste lui-même, n'a pas de mots assez durs pour dénoncer les médias, et pour afficher son plus profond mépris envers les journalistes, notamment lors d'interviews en direct avec les éditorialistes, mais aussi sur le terrain avec les reporters. Il dénonce ce qu'il appelle la "médiacracie" et ses soutiens se déchaînent contre la presse sur les réseaux sociaux.

► | ECOUTER : Les détails du classement avec Alexandra Ackoun, spécialiste médias de la rédaction de France Inter :

Les détails sur la liberté de la presse dans le monde
Les détails sur la liberté de la presse dans le monde © Visactu / Visactu
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