Facebook annonce étendre à d'autres pays ses moyens de prévention du suicide déjà appliqués aux Etats-Unis. Le réseau social utilise un logiciel pour identifier les posts, les vidéos et les Facebook Live qui contiennent des pensées suicidaires.

Facebook veut étendre ses moyens de lutte contre le suicide testés aux Etats-Unis
Facebook veut étendre ses moyens de lutte contre le suicide testés aux Etats-Unis © AFP / Jaap Arriens / NurPhoto

Facebook a débuté en mars aux États-Unis les tests d'un logiciel qui cherche, dans les publications et les commentaires, des tendances suicidaires. Le test s'est fait uniquement sur les posts écrits, et Facebook annonce qu'il a été concluant. La plateforme veut donc l'étendre à d'autres pays… mais pas en Europe, en raison de "sensibilités", selon la direction de Facebook, qui ne veut pas en dire plus.  

Le logiciel cherche des questions comme  :

"Est-ce que tu vas bien ?" 

"Puis-je t'aider ?" 

Des employés de Facebook spécialisés dans le traitement de ces signalements pourront intervenir si un potentiel passage à l'acte est détecté. Ces employés devraient être disponibles à toute heure et parler la langue locale. Le système propose aussi à l'utilisateur concerné ou à son entourage un numéro d'assistance téléphonique. Les employés de Facebook appellent parfois les autorités locales pour leur demander d'intervenir.

La vitesse de réaction compte vraiment, a insisté le dirigeant. 

Quand la société a lancé l'année dernière Facebook Live, qui permet à ses utilisateurs de diffuser en direct des vidéos, les images d'actes violents, comme les suicides ou les meurtres, se sont multipliées.

L'entreprise annonce l'embauche de 3 000 personnes en plus de ses 4 500 employés qui scrutent les posts et contenus violents ou inquiétants. 

Les pays de l'Union européenne ont des lois différentes des États-Unis concernant la protection des données et de la vie privée.  Mais Facebook affirme être en pourparlers avec les autorités européennes pour trouver une manière d'utiliser ce logiciel y compris en Europe. 

L'Europe et ses nouvelles lois sur le numérique

Le nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles paru au journal officiel de l’Union en juin 2016 entrera en application le 25 mai 2018. L’adoption de ce texte doit permettre à l'Europe de s'adapter aux nouvelles réalités du numérique.

L'objectif de l'Europe est triple :  renforcer les droits des personnes, notamment par la création d’un droit à la portabilité des données personnelles et de dispositions propres aux personnes mineure, responsabiliser les acteurs traitant des données et renforcer les sanctions éventuelles. 

Notamment, l'utilisateur doit disposer d’une information claire, intelligible et aisément accessible aux personnes concernées par les traitements de données. L’expression du consentement est définie :

les utilisateurs doivent être informés de l’usage de  leurs données et doivent en principe donner leur accord pour le traitement de leurs données, ou pouvoir s’y opposer. La charge de la preuve du consentement incombe au responsable de traitement. La matérialisation de ce consentement doit être non ambiguë. 

Par ailleurs, l'information sur les traitements de données concernant les mineurs de moins de 16 ans doit être rédigée en des termes clairs et simples, que l'enfant peut aisément comprendre. Le consentement doit être recueilli auprès du titulaire de l’autorité parentale. Les États membres peuvent abaisser cet âge par la loi, sans toutefois qu’il puisse être inférieur à 13 ans. Devenu adulte, le consentement donné sur un traitement doit pouvoir être retiré et les données effacées.

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