Des négociations entre Paris et Londres débutent ce mardi à propos des migrants de Calais. Le beau temps de ces derniers jours favorise la traversée de la Manche vers le Royaume-Uni, et les autorités patrouillent 24 heures sur 24.

Les autorités françaises multiplient les patrouilles pour intercepter les migrants.
Les autorités françaises multiplient les patrouilles pour intercepter les migrants. © Radio France / Hajera Mohammad

Londres et Paris entament ce mardi des négociations au sujet des migrants de Calais. La ministre de l'Intérieur britannique l'a annoncé clairement la semaine dernière : la France n'en fait pas assez pour empêcher ces hommes et ces femmes de traverser la Manche. Depuis le démantèlement de la jungle en 2016 et les contrôles renforcés sur les ferrys et dans le tunnel sous la Manche, beaucoup de migrants tentent en effet de rejoindre, coûte que coûte, la Grande-Bretagne. Avec la météo très clémente de ces derniers jours, les conditions sont idéales. Les autorités françaises multiplient donc les patrouilles et les techniques pour débusquer ces migrants et les passeurs.

Des patrouilles qui se relaient nuit et jour

À Audinghen, près de Boulogne-sur-Mer, ces patrouilles se relaient 24h/24. À pied, à vélo et même à cheval, avec la garde républicaine encore mobilisée cet été. "L’avantage d’être à cheval, c’est qu’on peut passer sur tout type de terrains", décrit Céline, gendarme. "Les migrants passent par les dunes, les petits sentiers, et à cheval on a une très bonne visibilité, on les repère de loin. On va surtout beaucoup plus vite que si on était à pieds."

À pied, à vélo et même à cheval, la garde républicaine est encore mobilisée cet été.
À pied, à vélo et même à cheval, la garde républicaine est encore mobilisée cet été. © Radio France / Hajera Mohammad

Il y a aussi les moyens techniques : l’hélicoptère de la gendarmerie, les drones, les radars thermiques pour tenter de repérer les cachettes des passeurs, là où ils laissent leur embarcation. Et on trouve de tout, rapporte le capitaine Éric Brunet : "La plupart du temps ce sont des bateaux type Zodiac, bateau gonflable. Mais on a également des cas de tentatives de traversée avec des kayaks gonflables, voire des paddles. La proximité de l’Angleterre, c’est une illusion, c’est un mirage. Ça paraît très proche, mais c’est très dangereux."

"Si je ne trouve pas d'autre moyen, je dois essayer en bateau"

Pas de quoi décourager Shaficoula. Cet Afghan n'en est pas à sa première tentative de traversée : "J'ai essayé de nombreuses fois, 18 ou 19, en me cachant dans un camion. Mais avant de prendre le ferry, ils m'ont repéré au scanner. Si je ne trouve pas d'autre moyen, je dois essayer en bateau". 

Au péril de sa vie, Shaficoula en est pourtant conscient : "Je sais, c'est très dangereux. Mais si la France ne me donnait un titre de séjour, je ne prendrais pas ce risque. La France ne me donne aucune chance, ça fait 17 mois que j'attends à Calais."

Sur les 1.200 migrants présents encore à Calais selon les associations (550 selon un dernier comptage de la préfecture), beaucoup misent désormais sur les traversées maritimes, confirme François Guennoc, vice-président de l'association l'Auberge des migrants : "Les parkings où les migrants essayaient de trouver des camions ont été fermés dans un rayon de 150 kilomètres. Les contrôles électroniques sur le port se sont perfectionnés. C'est probablement car c'est plus difficile de passer en camion que ces techniques-là se sont développées."

François Guennoc, vice-président de l'association l'Auberge des migrants.
François Guennoc, vice-président de l'association l'Auberge des migrants. © Radio France / Hajera Mohammad

Une quinzaine de filières démantelées depuis le début de l'année

Depuis le début de l'année, une quinzaine de filières ont été démantelées grâce au travail conjoint des autorités britanniques et françaises, mais il faudrait aller encore plus loin, s’impatiente Michel Tournaire, sous-préfet de Calais : "L’enjeu pour nous, c’est de prendre en compte cette nouvelle donne liée à ces traversées maritimes, et renforcer notre coopération judiciaire, humaine, pour pallier ces phénomènes."

C'est tout l'enjeu des discussions qui démarrent ce mardi à Paris. La France pourrait demander au Royaume-Uni de mettre la main à la poche pour renforcer les contrôles aux frontières. Ce lundi par exemple, 18 migrants ont réussi la traversée et ont rejoint l'Angleterre.

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