Depuis le 13 mai, les usagers des transports en commun parisiens peuvent indiquer le niveau d'affluence sur leur trajet via l'application pour téléphone de la RATP, et à partir du 1er juin, un voyageur qui recherchera un itinéraire sur l'application pourra en connaitre le niveau d'affluence en temps réel.

Pour savoir quand voyager, les Parisiens peuvent désormais  indiquer le niveau d'affluence sur leur trajet via l'application de la RATP
Pour savoir quand voyager, les Parisiens peuvent désormais indiquer le niveau d'affluence sur leur trajet via l'application de la RATP © AFP / Hans Lucas / Greg Looping

L'objectif est d'éviter les rames bondées, pour respecter les distances de sécurité en cette période d'épidémie. Le concept repose sur la collaboration entre usagers des transports. En indiquant si leur métro est plutôt vide ou plutôt plein, ils permettent à la RATP de tenir au courant les autres voyageurs explique Patricia Delon, directrice commercial du groupe : "Est-ce-qu'il y a un peu de monde, beaucoup de monde, est-ce que la rame est très chargée ? L'idée c'est ensuite de retransmettre cette information aux voyageurs au moment de leur recherche d'itinéraire sur l'application. C'est un système collaboratif, qui repose sur le souci de chacun pour les autres" explique-t-elle.

Sur l'application de la RATP la fonctionnalité est disponible depuis une dizaine de jours. Il faut sélectionner la ligne sur laquelle on circule, sa station de départ et celle d'arrivée. Puis on détermine l'affluence parmi cinq niveaux : de faible à maximal. Le processus est simple quand on maîtrise ce genre d'application, et il est accompagné de petites vignettes dessinées montrant des rames plus ou moins remplies pour aiguiller le voyageur. 

Sur l'application on détermine l'affluence parmi cinq niveaux : de faible à maximal.
Sur l'application on détermine l'affluence parmi cinq niveaux : de faible à maximal. © Radio France / ve

Ce système est déclaratif et n'implique aucune surveillance individuelle des voyageurs assure Patricia Delon : "C'est complètement anonyme et on ne garde évidemment pas les informations sur les trajets des individus". La directrice commerciale de la RATP en profite pour tordre le cou à une rumeur répandue : "Les trajets des usagers utilisant une carte Navigo qu'ils valident à l'entrée des bus et des métros ne sont pas enregistrés".

Le voyageur a une démarche complètement volontaire, ça ne se fait pas du tout à son insu.

Le projet, développé en interne, était dans les cartons de la RATP avant le Covid-19. "À vrai dire, c'est un projet qu'on avait en tête depuis longtemps et l'épidémie, avec la nécessité impérieuse de donner beaucoup d'informations aux voyageurs, de réguler le volume de personnes présentes dans les espaces et dans les véhicules nous a donné un coup de fouet" raconte Patricia Delon

La RATP s'inspire en vérité de fonctionnalités existantes sur les applications pour les trajets en voiture - comme la très populaire Waze - qui permettent notamment de signaler les bouchons. Dans la recherche d'une mesure de l'affluence en temps réel, c'est donc ce type d'appel à la collaboration (gratuite) des usagers qu'a retenu la RATP explique Patricia Delon : "Cette instantanéité est extrêmement difficile à obtenir par des moyens purement mécaniques, de comptage ou d'estimation. Il y a des caméras dans certaines rames mais qui ne sont pas utilisées pour cela. Je pense que la bonne vieille méthode de la collaboration entre les personnes est probablement la plus efficace, la plus simple et facile à mettre en œuvre, et pour peu que les voyageurs jouent le jeu, c'est très fiable."

Depuis 10 jours la RATP compte 5 000 contributions. Relativement peu par rapport au nombre de voyageurs, et encore insuffisant pour informer de l'affluence en continu et sur l'ensemble du réseau.

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