un camp de roms évacué à saint-denis avec le concours de la ratp
un camp de roms évacué à saint-denis avec le concours de la ratp © reuters

Depuis un mois, deux agents de la RATP ont perdu le droit de porter une arme en raison d'une fiche S. Un des chefs de la sécurité de l'entreprise a accepté de témoigner. Il raconte comment l'un de ses collègues s'est vu retirer son arme au petit matin lundi dernier.

Le problème de la radicalisation en entreprise touche tous les secteurs, mais quand il s'agit de transporter des personnes le sujet devient encore plus sensible. À la RATP, un agent de sécurité a perdu le droit de porter une arme cette semaine, en raison d'une fiche S. Il s'agit d'un jeune homme qui surveillait les bus, tramways et métros dans le secteur de Saint-Denis (en Seine-St-Denis).

C'est le deuxième cas en un mois environ. Il s'agit d'un agent du GPSR, le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux RATP.

Sophie Delpont a recueilli le témoignage exclusif de l'un des chefs de la sécurité , qui a tenu à garder son anonymat. Il raconte que le jeune homme, décrit comme discret et synpathique, a été désarmé vers 2h du matin, lundi dernier.

Quand on lui a pris son arme, on lui a dit qu'il faisait l'objet d'un refus de port d'arme de la préfecture, et on lui a demandé de rester chez lui. Rien ne laissait penser que cette personne soit quelqu'un de dangereux , par rapport à d'autres collègues qui ont un discours radical dans l'entreprise.

Une "délégation générale de l'éthique"

Il précise également que chaque agent de sécurité RATP condamné à une peine, même avec sursis, est immédiatement écarté du GPSR . Selon la CFDT, sur les 45 agents de sécurité RATP du secteur de Saint-Denis, deux ou trois personnes seraient ouvertement radicales.

De son côté la RATP a demandé la mise en place d'une procédure d'agrément avec trois niveaux de contrôles et d'enquête de police avec décision finale de la Préfecture pour le port d'arme de ses agents, comme c'est le cas pour les agents de sûreté des aéroports.

La RATP a également annoncé la mise en place le 1er décembre d'une délégation générale de l'éthique , pour faire remonter en interne tous les comportements radicaux et former les managers pour repérer et gérer ses comportements.

De leur côté, l'Union des entreprises de Sécurité Privée et le président du Comité Sécurité du MEDEF réclament des mesures dans le cadre du développement du partenariat public-privé au travers, comme la création d’équipes mixtes d’intervention , un numéro vert réservé de signalement pour les entreprises de sécurité privée, ou encore une formation de sensibilisation et de prévention du terrorisme , organisée par la Police nationale pour les agents de sécurité privée.

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