Depuis cette semaine de fin décembre, Facebook utilise la reconnaissance faciale pour lutter contre l'usurpation d'identité sur le réseau social. Désormais, si une photo d'eux est postée sur le réseau social, les utilisateurs pourront être prévenus, même sans y avoir été identifiés. Mais pas en Europe.

Illustration de logiciel de reconnaissance faciale
Illustration de logiciel de reconnaissance faciale © Maxppp / Franck FERNANDES

C'est une fonctionnalité nouvelle du réseau social au milliard d'utilisateurs qui soulève quelques interrogations. Fin décembre, Facebook a généralisé un système de reconnaissance faciale qui permet de détecter les visages sur les photos postées et d'avertir un utilisateur si quelqu'un diffuse son image, même s'il n'a pas été clairement identifié sur la photo comme c'est aujourd'hui possible.

Comme pour les passeports, la reconnaissance faciale fonctionne grâce à un traitement biométrique qui automatise la reconnaissance d'une personne à partir d'éléments qui lui sont propres, comme son visage. Une utilisation de nos données personnelles qui peut inquiéter. Pour les experts en intelligence artificielle, tels que Jean-Gabriel Ganacia, il faut peser le pour et le contre de ce nouveau service de Facebook.

Au micro de Julia Siriex, Jean-Gabriel Ganacia estime qu'on peut, dans une certaine mesure, être "satisfaits, puisque cela augmente notre sécurité" : "On a moins de risques de voir son compte piraté."

Mais en parallèle, cela offre aux GAFA, les géants du web, "une prise beaucoup plus forte sur les utilisateurs" car ils sont capables d'assurer sur leur site une sécurité meilleure que celle des États.

En Europe, la CNIL veille

Cette nouvelle fonctionnalité n'a pas été installée dans l'Union Européenne, où l'utilisation de données personnelles est soumise à une législation stricte. C'est ce qu'explique Clémence Cotté, responsable du service des affaires économiques à la CNIL, la Commission nationale de l'informatique et des libertés. "En France, une autorisation préalable de la CNIL est nécessaire" rappelle-t-elle "et au niveau européen, à partir de mai 2018, les traitements biométriques passent dans une catégorie appelée 'données sensibles' et vont faire l'objet d'un encadrement bien particulier et beaucoup plus resserré."

En France, dans l'intérêt de la protection des données personnelles, l'autorisation à des traitements biométrique est soumise à de nombreuses conditions. Dans le cas de Facebook, ce système de reconnaissance appartient à une base de données centralisée, ce qui selon la CNIL, est un facteur de risques pour les utilisateurs.

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