L’application d’un arrêté voulu par Emmanuel Macron semble compliquée et illusoire à seulement trois mois de la rentrée.

La réforme du collège était entrée en vigueur en septembre 2016
La réforme du collège était entrée en vigueur en septembre 2016 © Maxppp / Stéphanie Para

Le nouveau président de la République Emmanuel Macron avait promis, dans son programme de campagne, de modifier la réforme du collège, mise en place par l’ancien gouvernement. Dans un tweet daté du 15 mai, il a notamment réaffirmé sa volonté de proposer à nouveau des classes bilangues au collège dès la rentrée 2017.

Le résultat, c’est ce projet d’arrêté préparé en urgence par le ministère de l’Éducation nationale, deux semaines après la nomination du gouvernement. Il promet certains changements de la dernière réforme du collège, dès septembre 2017. Il sera présenté officiellement aux syndicats jeudi 8 juin.

Première mesure : le rétablissement des classes bilangues pour les collégiens en classe de 6ème, dans les collèges qui le souhaiteront, et "dans la limite de deux heures hebdomadaires", selon le texte. Depuis la réforme du collège 2016, les élèves commencent l’apprentissage d’une seconde langue vivante uniquement en classe de 5ème. Les classes bilangues en 6ème ont été maintenues uniquement pour les élèves qui ont commencé à apprendre une autre langue que l’anglais dès le primaire.

Le projet prévoit également de rétablir presque intégralement le volume horaire de l’apprentissage du latin et du grec, soit une heure en 5ème et trois heures en 4ème et 3ème.

Il porte aussi un coup aux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), en accordant une plus grande liberté aux collèges. Les EPI seront laissés à la libre appréciation des établissements scolaires, ainsi que leurs contenus. Les huit thématiques obligatoires sont suspendues. Rendus obligatoires par la réforme, ces derniers mêlent deux disciplines au sein du même cours.

Autre changement de taille : l’apparition de cours donnés dans une langue étrangère, sans mention réelle de classes européennes. Selon l’article 3, "un enseignement commun ou un enseignement complémentaire peut à chaque niveau être dispensé dans une langue vivante étrangère", jusqu’à la moitié du volume horaire consacré à cette discipline, "dans la mesure où les compétences des enseignants le permettent et lorsque les objets d’études s’y prêtent".

Un projet cependant trop ambitieux

Pourtant, plusieurs établissements n’appliquaient pas à la lettre la réforme du collège datée de 2016. Cet arrêté pourrait alors ne servir qu’à entériner des pratiques déjà actuelles.

Sans dotation spécifique, l’application de ces différentes mesures, notamment celle du rétablissement des classes bilangues, ne pourra pas être effective à la rentrée prochaine, malgré la volonté du nouveau gouvernement. Les dotations horaires ont déjà été attribuées aux établissements, depuis février. Les changements risquent donc de se faire uniquement à la marge.

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