Alors qu'une filiale de Vinci vient de mettre au point une route "à énergie positive", tour d'horizon des futures fonctionnalités des voies de circulation automobile : quand le bitume ne sert pas qu'à rouler, mais aussi à produire de l'électricité, chauffer, rafraîchir, ou sécuriser.

La route solaire WattWay mise en place par Bouyguies dans l'Orne
La route solaire WattWay mise en place par Bouyguies dans l'Orne © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Bouygues avait expérimenté la route solaire, avec la WattWay. Ces jours-ci, Eurovia, filiale de Vinci, a présenté un nouveau projet de route intelligente, cette fois à énergie positive, expérimentée dans le Doubs et les Yvelines. 

La route qui chauffe le quartier

L'innovation d'Eurovia repose sur un échangeur thermique composé d'un système de tubes placés juste sous la route et qui engrange la chaleur produite par le soleil sur la chaussée.  Ensuite, cette chaleur peut être stockée dans un autre réseau de tubes situé à environ 1 mètre sous terre.  Elle permet ainsi d'alimenter des bâtiments voisins - logements, bureaux ou industries - en chauffage ou production d'eau chaude. Elle est même capable de réchauffer le sol des parkings. Ses concepteurs parlent d'un coût de fabrication deux fois plus cher qu'un enrobé classique, mais qui éviterait ainsi, dans certaines régions, les pertes financières (dans les aéroports notamment) dues à des routes enneigées et impraticables.

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La route qui produit de l'électricité

C'est la mission de la Wattway, route solaire (qui ne chauffe pas, mais produit de l'électricité grâce à des panneaux solaires installées dans le bitume) expérimentée par Bouygues dans l'Orne depuis décembre 2016 et qui peut produire l'électricité nécessaire pour alimenter le système d'éclairage d'une ville de 5.000 personnes. 

Pour l'instant, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines), sur des parkings ou devant des bâtiments publics et sur de toutes petites surfaces, de 50 à 100 m2.

La route qui rafraîchit et qui baisse le son 

La mairie de Paris travaille en ce moment sur un projet d’enrobé recyclé, capable surtout de rafraîchir, donc de faire baisser les taux de pollution pendant les épisodes de canicules : le "Cool and Asphalt (C-Low-N Asphalt)" doit être testé jusqu'en 2022 sur deux portions de routes de plusieurs centaines de mètres. Cette route, avec son revêtement spécial, baisse aussi le bruit du passage des pneus, et limite aussi les nuisances sonores, dont souffrent beaucoup d'habitants des grands pôles urbains.

La route qui prend soin de ses automobilistes

Une autre des futures fonctionnalités de nos routes sera de travailler sur la sécurité et la signalisation : d'abord avec des capteurs pour évaluer l'état des voies, mais aussi de travailler directement sur des marquages au sol dynamiques, des éclairages à LED intégrés au sol, comme le fait le groupe Colas.

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