[scald=89205:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La cour d'appel de Paris a condamné jeudi deux entités de la Scientologie française à 600.000 euros d'amendes pour "escroquerie en bande organisée" dans une affaire sans précédent pour ce groupement américain.

Le principal responsable français, Alain Rosenberg, a été en outre condamné à deux ans de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende et des peines de prison avec sursis, ainsi que des amendes, ont été prononcées contre trois autres responsables.

La Scientologie, qui se présente comme une nouvelle religion, a boycotté les dernières audiences de ce procès en novembre dernier, parlant de "tribunal d'inquisition".

Cet arrêt confirme le jugement de première instance qui avait vu notamment les personnes morales de la Scientologie frappées de 600.000 euros d'amende, en octobre 2009.

C'est la première fois que la justice française écrit dans un arrêt que les activités scientologues sont en elles-mêmes une entreprise d'escroquerie. Jusqu'ici, seules des personnes physiques, responsables de la Scientologie, avaient été condamnées en France dans d'autres affaires.

Créée en 1954 par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard, la Scientologie revendique actuellement 12 millions d'adeptes dans 150 pays, dont 45.000 en France.

Elle présente comme une aide et une "liturgie" ce que la justice qualifie de méthodes d'escroquerie, tests de recrutement, cures de "purification" avec saunas ou cures de vitamines, joggings intensifs et utilisation de "l'électromètre", appareil emblématique de l'organisation présenté comme "liturgique".

Elément non contesté, ces pratiques sont lourdement facturées, les plaignants du dossier français, des personnes vulnérables recrutées dans la rue et convaincues par un "test de personnalité", ayant tous dû acquitter de lourdes sommes.

L'organisation américaine avait mené en vain une guérilla procédurale pour tenter de faire capoter l'audience en appel, soulevant une quinzaine d'arguments dont une dizaine de questions prioritaires de constitutionnalité ("QPC"). Tous ces arguments ont été rejetés par la cour d'appel.

Thierry Lévêque, édité par Sophie Louet

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