[scald=65051:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les avocats de la Scientologie ont annoncé jeudi leur retrait d'un procès en appel à Paris où ce groupement américain est jugé pour "escroquerie en bande organisée", une audience qui présente pour lui un fort risque symbolique.

Ce retrait, officiellement motivé par le fait que la cour a accepté la représentation au procès de l'association anti-sectes Unadfi et refusé à ce titre un débat sur certaines pièces, ne menace pas a priori la tenue de l'audience.

La Scientologie laisse aussi entendre que ses dirigeants et les représentants légaux de deux entités de sa branche francilienne, poursuivies comme personnes morales, vont aussi se retirer de l'audience.

"L'Association, à son tour, tient à faire savoir qu'elle ne compte plus cautionner de sa présence un procès dont elle estime qu'il est absolument inéquitable et dans lequel les droits les plus élémentaires lui ont été refusés", lit-on dans un communiqué.

Ouvert le 3 novembre, ce procès en appel n'a toujours pas abordé l'examen des faits, en raison d'une guérilla procédurale menée par les avocats de la Scientologie, qui ont soulevé une quinzaine d'arguments visant à faire annuler ou renvoyer le procès, dont une dizaine de questions prioritaires de constitutionnalité ("QPC").

En première instance en octobre 2009, les deux entités de la Scientologie francilienne avaient été déclarées coupables et frappées de 600.000 euros d'amende, mais leur dissolution demandée par le parquet n'avait pu être prononcée du fait d'un vote mystérieux à l'Assemblée intervenu juste avant le délibéré.

Le jugement, qui déclarait pour la première fois que les activités scientologues sont en elles-mêmes une entreprise d'escroquerie, reste néanmoins le plus sévère jamais prononcé en France contre ce groupement américain, créé en 1954 par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard et qui revendique actuellement 10 millions d'adeptes dans 150 pays.

Même si les sanctions financières sont dérisoires pour ce groupement très riche, la confirmation définitive d'une culpabilité pour escroquerie constituerait un précédent susceptible de freiner son expansion.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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