[scald=65077:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La Scientologie a annoncé jeudi son retrait et celui de ses avocats d'un procès en appel à Paris où ce groupement américain est jugé pour "escroquerie en bande organisée", une audience qui présente pour lui un fort risque symbolique.

Ce retrait, officiellement motivé par le fait que la cour a accepté la représentation au procès de l'association anti-sectes Unadfi et refusé à ce titre un débat sur certaines pièces, n'empêche pas l'audience de se poursuivre normalement.

La Scientologie a retiré les représentants de deux entités franciliennes poursuivies comme personnes morales et quatre responsables français, dont son plus haut dirigeant, Alain Rosenberg, poursuivis à titre personnel. Elle annonce enfin une plainte pour "vol" de documents sur l'Unadfi.

"L'Association tient à faire savoir qu'elle ne compte plus cautionner de sa présence un procès dont elle estime qu'il est absolument inéquitable et dans lequel les droits les plus élémentaires lui ont été refusés", lit-on dans un communiqué.

Ouvert le 3 novembre, ce procès en appel n'a toujours pas abordé l'examen des faits, en raison d'une guérilla procédurale menée par les avocats de la Scientologie, qui ont soulevé une quinzaine d'arguments visant à faire annuler ou renvoyer le procès, dont une dizaine de questions prioritaires de constitutionnalité ("QPC"). Tous ces arguments ont été rejetés.

En première instance en octobre 2009, les deux entités de la Scientologie francilienne avaient été déclarées coupables et frappées de 600.000 euros d'amende, mais leur dissolution demandée par le parquet n'avait pu être prononcée du fait d'un vote mystérieux à l'Assemblée intervenu juste avant le délibéré.

Les quatre dirigeants avaient été par ailleurs condamnés en première instance à des peines de prison avec sursis de dix mois à deux ans assorties d'amendes de 5.000 à 30.000 euros.

Le jugement, qui déclarait pour la première fois que les activités scientologues sont en elles-mêmes une entreprise d'escroquerie, reste néanmoins le plus sévère jamais prononcé en France contre ce groupement américain, créé en 1954 par l'écrivain de science-fiction Ron Hubbard et qui revendique actuellement 10 millions d'adeptes dans 150 pays.

Même si les sanctions financières sont dérisoires pour ce groupement très riche, la confirmation définitive d'une culpabilité pour escroquerie constituerait un précédent susceptible de freiner son expansion. Si la cour le confirmait, il serait applicable, la présence des prévenus en début de procès assurant l'aspect dit "contradictoire" de l'arrêt.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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