Décrochés en 2015 des ponts de la capitale, des centaines de milliers de cadenas qui y étaient accrochés par des couples d'amoureux sont désormais en vente.

Les cadenas ont été regroupés par "grappes" pour être vendus
Les cadenas ont été regroupés par "grappes" pour être vendus © AFP / Jacques Demarthon

C'est l'une des ventes aux enchères les plus romantiques de Paris qui s'annonce, ce week-end au Crédit Municipal, le fameux "mont de piété" : des centaines de cadenas, accrochés sur les ponts de la capitale, tout particulièrement le pont des Arts, par des amoureux du monde entier.

Des "grappes" ou des grilles entières en vente

En juin 2015, la mairie de Paris les a décrochés, expliquant que c'était une nécessité pour la sécurité des visiteurs et pour la défense du patrimoine : ils abîmaient les ponts et avaient surtout représenté un danger, plusieurs grilles du Pont des Arts ayant cédé sous le poids du métal. Depuis, sur ce pont mais aussi sur celui de l'Archevêché (près de Notre-Dame), les grilles ont été remplacées par des plaques transparentes, et des agents de la ville viennent régulièrement enlever les cadenas en plus.

A la question "que sont-ils devenus", le Crédit municipal de Paris apporte donc une réponse : regroupés par "grappes" et montés sur des socles en bois ou en pierre taillée dans d'anciens pavés parisiens, ils vont être mis en vente au profit d'associations caritatives mobilisées en faveur des réfugiés : Solipam, l'Armée du Salut et Emmaüs.

Quinze morceaux de grilles, chargés chacun de centaines de cadenas, sont aussi mis en vente. "Ils pourront être revendus à des particuliers ou à des artistes qui veulent transformer ces cadenas pour faire des oeuvres d'art qui partent de ces symboles de l'amour", espère Bruno Julliard, adjoint chargé du patrimoine à la mairie de Paris.

Sur chaque grille mise en vente, plusieurs centaines de cadenas.
Sur chaque grille mise en vente, plusieurs centaines de cadenas. © AFP / Jacques Demarthon

Recyclés sous forme de bagues

En tout 65 tonnes de métal avaient été récupérées sur les deux ponts nettoyés. Mais tous les cadenas n'ont pas été repris pour cette vente : en 2014, François Mugg travaillait sur les ponts de Paris et avait récupéré quelque 150 kilos de métal tombés par terre. Quand il a décidé, avec une bande de copains, de les transformer en bagues, il ne s'attentait pas à ce que l'initiative suscite tant d'émotion : "On savait qu'il y avait un attachement fort à ces cadenas mais on a été submergés de mails de personnes qui recherchaient leur cadenas", raconte-t-il.

"Par exemple, une dame m'a contacté pour me demander de rechercher son cadenas. Elle l'avait accroché avec son mari lorsqu'elle était enceinte, et son mari malheureusement est mort avant la naissance de l'enfant, et elle voulait que je cherche dans mon stock si je ne retrouvais pas son cadenas, pour le montrer à son enfant", se souvient-il. François Mugg explique aussi qu'il y a "des gens qui ont posé un cadenas, qui s'attendaient à ce qu'il soit retiré, mais qui se sont mariés avec une de nos bagues".

"L'important c'est que ces cadenas continuent à vivre et qu'ils suivent un parcours autre qu'un recyclage classique".

Les "grappes de cadenas" ainsi que les grilles complètes sont exposés jusqu'à ce week-end et seront mis en vente samedi, avec une estimation entre 150 et 200 euros pour les grappes, et entre 5.000 et 10.000 euros pour les grilles.

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