Ce dimanche, la nouvelle limitation de vitesse (de 90 à 80 km/h) sur 400.000 kilomètres de routes entre en vigueur. Un changement qui se fait sur font de grogne de nombreux conducteurs... Comme pour la plupart de ses prédécesseurs depuis des décennies.

Remplacement de panneau 90 par un panneau 80 en Alsace
Remplacement de panneau 90 par un panneau 80 en Alsace © Maxppp / Hervé Kielwasser/PHOTOPQR/L'ALSACE

Allez, après tout, 80 km/h, ça n'est pas si lent : en 1899, le premier décret réglementant la circulation des automobiles limitait la vitesse à 30 km/h en rase campagne, et 20 agglomération. Entretemps, le nombre de véhicules en circulation a évidemment explosé, tout comme les distances que nous avons pris l'habitude de parcourir. Mais plus on roule nombreux, vite et loin, plus le risque d'accident augmente aussi.

Depuis sa création en 1949, la Prévention routière a donc dû tenter de trouver le meilleur équilibre entre la liberté et la sécurité des conducteurs. En 1954, la vitesse maximale en agglomération est par exemple fixée à 60 km/h (50 pour les poids lourds). Au début des années 70, pour faire face à un nombre historique de morts sur les routes (18.034 personnes tuées), on limite à 100 km/h sur les routes hors agglomération, tout en s'inquiétant déjà d'un certain manque de responsabilité des conducteurs.

En 1973, un décret fait déjà baisser cette limite de 10 km/h (90 km/h maximum, 120 sur autoroutes). En 1974, on passe à 130 km/h sur les autoroutes, 110 sur les voies express 2x2 voies, et toujours 90 sur les autres routes hors agglomération. En 1990, on fait baisser la vitesse autorisée en ville : 50 km/h pour tout le monde. Des limites qui n'avaient plus bougé depuis, jusqu'à aujourd'hui.

L'alcool au volant, déconseillé puis interdit

Boire ou conduire, il y a quelques décennies, il ne fallait pas forcément choisir. En 1954, par exemple, tant que l'on n'avait pas d'accident, aucun souci. Dans le cas contraire, le policier pouvait rédiger une fiche de comportement et même, en cas d'accident grave, réclamer une analyse de sang pour déterminer le taux d'alcoolémie...

C'est en 1959 que la conduite en état d'ivresse ou sous l'empire d'un état alcoolique devient interdite, même sans accident. Le dépistage du taux d'alcoolémie par l'air expiré devient autorisé, lui, en 1965. En 1970, le contrôle d'alcoolémie devient obligatoire après toute infraction ou tout accident, avec des seuils fixés à 0,80 g/l pour les contraventions, et 1,20 g/l pour les délits. Aujourd'hui, le taux autorisé est de 0,5 g/l de sang (et même 0,2 g/l pour les détenteurs d'un permis probatoire ou les conducteurs de transports en commun).

La ceinture obligatoire en quatre temps

Pour la ceinture non plus, pourtant devenue un réflexe pour la plupart des conducteurs aujourd'hui, tout n'allait pas de soi. Il a d'abord fallu rendre leur présence obligatoire dans toutes les voitures neuves, en 1970. Puis rendre leur utilisation obligatoire, pour les personnes situées à l'avant de leur véhicule, d'abord en-dehors des agglomérations (1973), ensuite dans les agglomérations la nuit et sur les voies rapides (1975).

Certains s'inquiètent alors de rester piégés dans leurs véhicules en cas d'accident. Dans ce reportage, un conducteur affirme même ne conduire qu'avec une paire de ciseaux dans la boîte aux gants, au cas où.

Enfin, en 1990, la ceinture devient obligatoire aussi pour les passagers sur les places arrières. En 1994, on sanctionnera même l'oubli du port de la ceinture d'un point en moins sur le permis de conduire.

Toutes ces mesures, si elles ont souvent fait grincer des dents, font aujourd'hui partie de la vie quotidienne. Pas impossible, donc, que le passage à 80 km/h les rejoignent. D'ailleurs, certains professionnels de la route, en 1992, lors des manifestations contre le permis à points, réclamaient même des véhicules dont le compteur serait bloqué à 130 km/h... Pour éviter de risquer l'excès de vitesse.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.