2.000 rames de ter trop larges pour les quais les plus anciens
2.000 rames de ter trop larges pour les quais les plus anciens © reuters

La SNCF a commandé près de 2.000 rames pour ses futurs TER mais les quais les plus anciens sont trop étroits pour les accueillir, révèleLe Canard enchaîné ce mercredi. Des centaines de quais devront donc être rabotés, et l'addition risque d'être salée.

Alain Rousset, le président de l'Association des régions de france (ARF), a exclu mardi toute participation des régions à ces travaux. "Nous refusons de verser un seul centime sur cette réparation. On ne va pas, quand même, être à la fois pigeons et financeurs", a-t-il dit avant un rendez-vous à l'Elysée avec François Hollande.

Alain Rousset a dit espérer que la future réforme ferroviaire permettra "d'homogénéiser les commandes" :

C'est quand même un peu stupide de commander des trains dont la largeur n'est pas conforme à celle des quais.

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Frédéric Cuvillier, le secrétaire d'État aux Transports, a déploré lui aussi un "système ferroviaire ubuesque" et "la séparation entre les différentes fonctions". "Lorsqu'on sépare la gestion des rails (RFF) de l'utilisateur, c'est-à-dire la SNCF, ça ne fonctionne pas", a-t-il expliqué.

La société nationale devait s'assurer que les futurs TER, plus larges que les rames actuelles, puissent rouler sur les voies et a interrogé Réseau ferré de France (RFF), propriétaire et gestionnaire des rails, explique Le Canard enchaîné.

50 millions d'euros débloqués d'urgence

Mais RFF aurait transmis ses mesures réglementaires datant d'une trentaine d'années, alors que la plupart des 1.200 quais hexagonaux ont été construits il y a plus de 50 ans.

La société a déboqué d'urgence 50 millions d'euros et a déjà raboté 300 quais de gare, notamment dans la région Midi-Pyrénées, mais il reste 900 voies à élargir, souligne l'hebdomadaire satirique.

Martin Malvy, le président socialiste de la région Midi-Pyrénées, refuse de mettre la main à la poche :

Nous avons commandé des trains. Ces trains ont été validés par la SNCF au terme de plusieurs années d'études. Ce n'est pas à nous de payer quoi que ce soit.

Alain Rousset a indiqué, de son côté, que les régions voulaient reprendre en main les commandes des rames. "On paie 100% des TER, c'est à nous d'en assurer la commande, la propriété. Il faut que les régions soient vraiment des autorités organisatrices."

Réseau ferré de France minimise

Le président de RFF, Jacques Rapoport, a expliqué ce mercredi matin que la rapidité et le confort du transport, notamment l'accueil de personnes à mobilité réduite, nécessitaient des rames au "maximum du gabarit possible" et des adaptations en conséquence. "Ce n'est pas une boulette!", a-t-il assuré.

Les quais "ont 150 ans d'âge, les trains sont neufs : à chaque nouveau matériel roulant, il faut adapter l'infrastructure", a-t-il poursuivi. "Cette modification va coûter 50 millions (...), soit 1% du coût du matériel roulant", a-t-il précisé, ajoutant que le budget annuel de RFF était de huit milliards d'euros.

Ces dépenses sont financées dans le cadre normal du financement du réseau, assuré à la fois par la billetterie et les subventions", a indiqué le dirigeant, précisant que ces travaux n'auraient "aucun impact ni sur les voyageurs, ni sur le prix du billet, ni sur le contribuable". Jacques Rapoport concède toutefois que le problème a été découvert "un peu tardivement".

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