Après une grève de quatre mois, la direction de la SNCF veut-elle faire payer aux agents leur implication dans le mouvement ?

Manifestations de cheminots pendant la grève en juin 2018
Manifestations de cheminots pendant la grève en juin 2018 © AFP / JEFF PACHOUD

Après quatre mois d'une grève qu'elle n'a pas digérée, la direction de la SNCF veut-elle faire payer aux agents leur implication dans le mouvement ? C'est ce qu'affirment les syndicats et notamment le plus virulent d'entre eux, Sud Rail. Selon eux, la direction a l'intention de sanctionner les grévistes. Des dizaines de cheminots risquent gros et seront convoqués à la rentrée. Certains pourraient être menacés de licenciement. 

En quatre mois de conflit, la SNCF nous dit avoir recensé plus de 440 faits de malveillance. 120 plaintes ont été effectivement déposées.  

Courant juillet, la boîte mail de Sud Rail s'est donc remplie de courriers envoyés par des grévistes inquiets car ils sont convoqués par leur direction en septembre.  

Selon les syndicats, les motifs sont parfois "farfelus". 

"Une volonté de faire peur ?"

"Cela va du pneu brûlé, affirme SUD,  à cette histoire d'un délégué syndical à Rennes, qui,  le 1e mai, en marge d'une manifestation, a coupé le courant sur la voie. 'Par sécurité' dit-il, parce qu'un policier à proximité menaçait de s'électrocuter". Version contredite par sa direction qui lui reproche d'avoir provoqué le retard de plusieurs trains. Il risque une mise à pied, "si ce n'est un licenciement" va jusqu'à dire Sud Rail qui veut tout de même croire que son mandat de représentant du personnel  le protégera. 

"Il y a clairement une volonté de faire peur" assure le syndicat, "pour dissuader les agents de repartir en grève en septembre". 

Interrogée sur la question, la SNCF se défend de faire du zèle. Si des plaintes ont été déposés, et si des procédures ont été ouvertes, c'est à chaque fois pour des fautes caractérisées.

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