La ministère de la Culture confirme ce mardi la disparition de France Ô à partir du 23 août prochain. Un portail Internet a été mis en place le 3 juin dernier pour assurer la représentation des territoires d'Outre-mer dans l'audiovisuel public. La chaîne France 4 quant à elle, a droit à un sursis d'un an.

Le canal 19 de la TNT ne sera plus attribué à la chaîne France Ô dès ce dimanche.
Le canal 19 de la TNT ne sera plus attribué à la chaîne France Ô dès ce dimanche. © AFP / Lionel BONAVENTURE

Cette fois c'est sûr, si vous regardez le canal 19 de la TNT à la rentrée, vous ne tomberez plus sur la chaîne des Outre-mer. Le ministère de la Culture le confirme ce mardi : l'arrêt de France Ô, initialement prévu le 9 août, aura lieu dimanche 23 août prochain. France 4, censée également s'arrêter le 9 août, se voit quant à elle accorder un sursis d'un an, sa disparition n'aura donc pas lieu avant au moins août 2021.

La suspension des deux chaînes était prévue par la réforme de l'audiovisuel, annoncée à l'été 2018. Le 9 juillet dernier, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot donnait plus d'informations sur l'avenir de la chaîne ultramarine : "On était arrivé à une sorte de confinement de l'Outre-mer dans le service public audiovisuel et l'Outre-mer doit participer à l'ensemble de l'audiovisuel." Maintenant que l'arrêt définitif est confirmé, qu'en est-il de la représentation des Outre-mer sur les chaînes publiques ?

Un pacte pour maintenir la visibilité des Outre-Mer 

En vue de la suppression de France Ô, Delphine Ernotte annonçait en juillet 2019 un Pacte de visibilité des Outre-mer. Une des mesures a été le lancement d'un portail numérique appelé "Outre-mer La 1ère" le 3 juin dernier. L'interface relaie continuellement l'actualité et les initiatives des Outre-mer à travers des podcasts, articles et JT, disponibles uniquement sur le web.

Le ministère souligne dans un communiqué "les premières audiences encourageantes" du portail face au maigre succès de la chaîne télévisée . "Il apparaît que toutes les conditions sont désormais réunies pour procéder à l'arrêt de France Ô qui, avec une part d'audience de 0,3%, n'apparaît plus comme une offre adaptée en matière de visibilité des Outre-mer", ajoute-t-il.

Sylvie Gengoul, directrice du pôle outre-mer de France Télévisions, insiste cependant sur les fonctions sociales différentes de la chaîne et du portail Internet, qui n'a donc pas vocation à la remplacer. D'où l'autre objectif du Pacte : l'amélioration de la représentation des Outre-mer sur les antennes publiques nationales, qui doivent adopter "le réflexe Outre-mer", selon Delphine Ernotte. Elles seront désormais tenues de mettre en avant les journaux des chaînes La 1ère à des heures de grande écoute, notamment en première partie de soirée.

Cent-vingt-cinq personnalités appellent à sauver France Ô

L'arrêt de France Ô ne fait pas l'unanimité, comme en témoigne une tribune publiée le 29 juillet dernier dans le colonnes de Libération. Signée par 125 personnalités, issues de divers horizons, elle appelle à empêcher la disparition de la chaîne. Le collectif souligne son rôle dans la représentation de la culture des Outre-mer dans le service audiovisuel public, mais aussi sa contribution au soutien financier de la culture. On compte parmi les signataires le footballeur Lilian Thuram, l'ancienne journaliste Audrey Pulvar, le comédien Pascal Légitimus ou encore l'académicien Erik Orsenna.

Une présence sur le web qui n'enchante pas les syndicats

En avril dernier, les organisations syndicales de France Télévisons assuraient dans un communiqué être "convaincues que France Ô peut faire beaucoup mieux. Elles sont aussi persuadées que l’exposition de l’Outre-mer sur le numérique et les autres chaînes du groupe ne suffirait pas à elle seule à maintenir le niveau de visibilité." Les syndicats rappellent également l'influence des chaînes du service public sur la société française, et donc l'importance d'une visibilité autre que sur Internet, "notamment là où s'observe une fracture numérique causée par l'âge ou le manque de ressources". Des arguments qui n'ont vraisemblablement pas convaincu le gouvernement.  

"C'est lamentable ! s'exclame Jean-Michel Mazerolle, journaliste à France Ô et pour les Outre-mer La 1ère et délégué SNPCA-CGC. Beaucoup de gens l'oublient, mais ces territoires aussi sont la France à part entière et entièrement dans la France ! On a besoin d'avoir une chaîne qui parle d’eux comme France 3 parle des régions dans l’hexagone. Et pourquoi n'auraient-ils pas une chaîne sur la TNT, accessible par le plus grand nombre, notamment ceux qui n'ont pas toujours accès au numérique ? demande l'élu qui explique également que "France Ô était jusqu'ici le deuxième diffuseur de documentaires en France" et que sans moyens cette mission essentielle va également se perdre.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.