Le vote à l'Assemblée de la taxe soda dans le cadre du budget de la Sécurité sociale ne fait pas consensus, notamment son efficacité pour consommer moins de boissons sucrées.

La nouvelle taxe soda veut moduler la pénalisation financière en fonction du taux de sucre dans les boissons
La nouvelle taxe soda veut moduler la pénalisation financière en fonction du taux de sucre dans les boissons © AFP / Joël SAGET

Taxer davantage le consommateur peut-il l'inciter à consommer moins ? L'opinion est divisée quant à l'efficacité de la taxe soda, votée en commission la semaine dernière et déjà réécrit avant le vote général du budget de la Sécurité sociale.

Depuis 2013, les sodas sucrés sont déjà taxés avec un surplus d'un peu plus de 2 centimes par canette. Cette fois, il s'agit de taxer encore plus les boissons les plus sucrées, comme l'explique Olivier Véran, le député de l'Isère. "Pas question de remplir les caisses de l'État" explique-t-il, mais "surtout lutter contre l'obésité des enfants". Et pour ce faire, le député espère que la modulation de la taxe incitera les industriels à avoir la main plus légère sur les quantités de sucre dans leurs boissons.

C'est là où la mesure est discutée : l'association consommation, logement et cadre de vie juge d'autres mesures bien plus efficaces que la hausse du prix. "Ce n'est pas parce que le prix augmente de 10 ou 20 % que les gens changent leurs habitudes, ce sont souvent des habitudes très ancrées", assure François Carlier. 

Informer plutôt que taxer

Lui souhaiterait plutôt voir aboutir l'étiquetage nutritionnel simplifié :  "Il y a tout un tas de choses en matière d'éducation et d'information qui restent à faire, on doit faire aboutir ce que l'on appelle l'étiquetage nutritionnel en feux multicolores rouge orange vert. Si déjà aux sodas, on pouvait mettre un feu rouge, ce serait déjà un bon signal pour le consommateur qui me semblerait avoir plus d'impact que l'augmentation du prix."

De son côté, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a émis des réserves sur cette taxe qui pénaliserait les consommateurs les plus modestes

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