Le Tour de France ce sont des hommes : qui pédalent, qui regardent, qui commentent... et qui fabriquent. Des boyaux pour rouler, des selles pour s'asseoir... À J - 89 du final du 100e, revue de détails de la technique sur le Tour.

Le boyau, nerf de la guerre

Le boyau est une constante du vélo de course à travers son histoire. Depuis l’invention en 1988 par Dunlop de ce tube gonflé d’air, remplaçant les bandages utilisés jusque là. Le pneu à chambre à air séparée, inventé quelques années plus tard par Michelin ne s’imposera jamais en compétition (même s’il est utilisé actuellement par deux équipes professionnelles, grâce aux progrès réalisé dans la lutte contre le poids).

Extrait de "Les Forçats de la route" d'Albert Londres (Éditions Arléa)

Les gars repartent, rapides, avec un sourire, comme s’ils en étaient à une minute près.Mais le 247 est à pied ; il n’a plus de boyau.- J’en ai crevé cinq, dit-il, cinq !... J’ai plus de boyau !Alors, le marchand de cycles du 90 rue de la Saint-Vulfran lui donne un boyau. Je veux en faire autant pour mes huit bidons d’essence, mais il parait que je ne fais pas partie du grand jeu de la route et le marchand de cycles exige son argent, c’est-à-dire le mien.

L’indispensable Rustine

L’état des routes du début du 20ème siècle implique de nombreuses crevaisons pendant les courses. Et même sur le Tour, les coureurs ne disposaient pas d’une assistance rapide. Ils devaient donc aussi être des virtuoses de la réparation de leurs roues.

Bourvil chante "La môme Rustine" :

Le Tour vu du ciel

C’est en 1959 que l’hélicoptère fait son apparition au-dessus du Tour. Sponsorisé par la marque d’aspirine Aspro, il a d’abord une vocation de surveillance de la caravane et d’ambulance. Désormais, ce sont plusieurs dizaines de machines qui survolent quotidiennement le Tour, pour assurer les liaisons radio et télé ou encore transporter les invités des sponsors.

Un hélico sur le Tour, 1959
Un hélico sur le Tour, 1959 © Radio France / Le Parisien

Selles interdites

Inventée par un ergonome, Armel André, la selle à appui lombaire n’a pas résisté très longtemps aux réclamations des directeurs sportifs dont les équipes ne disposaient pas.L’intérêt : un appui supplémentaire ; l’inconvénient : une mise en place posturale indispensable et donc, un travail anatomique conséquent avec les coureurs. Une des nombreuses innovations tombées dans les oubliettes de la technologie cycliste.

Les selles révolutionnaires de 1986
Les selles révolutionnaires de 1986 © Radio France

La journée sans oreillette

Depuis le début des années 2000, les directeurs sportifs ont pris l’habitude de « téléguider » leurs coureurs en leur passant les consignes de course en temps réel par le biais de liaisons radio (comme en Formule 1).Devant l’hostilité de certains puristes, une expérience de journée sans oreillette a été menée sur le Tour 2009, expérience peu concluante…qui restera sans lendemain.

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