Le 24 janvier dernier, le sud-ouest de la France était balayé par la tempête Klaus. Bilan : 11 morts, 500 000 sinistrés, au moins 300 000 hectares de forêt décimés et des dégâts évalués à plus d'un milliard d'euros. Le gouvernement a reconnu l’état de catastrophe naturelle pour 9 départements.

Un mois après la tempête, France inter a voulu retourner dans les Landes, le département le plus durement touché.

Il faudra plusieurs décennies pour que les Landes retrouvent leur visage d'avant la tempête.

A Meilhan, petit village à une vingtaine de kilomètres de Mont-de-Marsan, la vie a repris son cours normal, ou presque. Les habitants ont remis les bougies et les groupes électrogènes au placard. L'électricité est rétablie depuis début février.

Arlette reçoit ses visiteurs avec un large sourire. Yann Gallic l’avait rencontrée juste après la tempête. Elle vivait alors dans la pénombre, sans eau chaude ni chauffage...

Arlette (Yann Gallic)

Mes loisirs ? Je débarde et je nettoie les alentours de ma maison.

Dans les environs de Meilhan, plusieurs centaines de foyers restent branchés sur des groupes électrogènes. D'après Electricité Réseau Distribution France (ERDF, la filiale d’EDF pour la distribution), il faudra encore plusieurs mois pour réparer toutes les lignes endommagées.

Le paysage reste profondément marqué par la tempête. Des fils électriques et téléphoniques jonchent le sol sur des kilomètres, des cheminées effondrées, des toitures envolées. Les landais prennent conscience peu à peu de l'étendue des dégâts...

Claude Moreau est chef d’entreprise dans les fruits et légumes (Yann Gallic)

Parfois on garde les yeux au sol pour ne pas voir ces paysages de guerre.

Le massif forestier est dévasté, les conséquences économiques pour l'Aquitaine seront certainement très importantes. La filière bois, qui emploie 34 000 salariés dans la région, est aujourd'hui en péril.

D'autant plus que la tempête est survenue dans un contexte déjà délicat pour l'industrie forestière. Avec des stocks trop nombreux et difficiles à écouler.

Aujourd'hui, tout le bois débité après la tempête n'a plus aucune valeur marchande. Au grand dam de Jean-Luc Blanc-Simon. Ce sylviculteur possède 400 hectares de forêt dans les Landes. Il vient de perdre 10 ans de récolte.

Jean-Luc Blanc-Simon, sylviculteur (Yann Gallic)

Des risques accrus d’incendies cet été

Le bruit des tronçonneuses rythme désormais le quotidien des Landais. Aujourd'hui, on s'inquiète surtout pour la forêt : 300 000 hectares de pins déracinés ou cassés nets. Décimés par les vents.

Cet enchevêtrement de bois et de branches risque de favoriser les incendies cet été. Il faut donc nettoyer au plus vite et dégager les pistes, afin de permettre l'accès des pompiers au massif forestier en cas d'incendie.

Benoît Bodennec est ingénieur à la DFCI, l'association de Défense de la forêt contre les incendies (Yann Gallic)

Jean-Luc Blanc-Simon, sylviculteur et sa fille - Un mois après la tempête Klaus
Jean-Luc Blanc-Simon, sylviculteur et sa fille - Un mois après la tempête Klaus © Yann Gallic

La forêt, c’est des années de travail mais c’est aussi un patrimoine qu’on doit transmettre Michel Barnier s’est rendu dans le sud-ouest et a annoncé près d'un milliard d'euros en prêts bonifiés et subventions.

Mais pour les sylviculteurs ce plan est largement insuffisant.

Pour déblayer, disent-ils, il faut des moyens, donc de l’argent. Et certains parlent même de tout laisser au sol.

Tous en tous cas ont perdu des années de travail mais surtout ont été touchés dans ce qu'ils ont de plus cher.

Jean-Luc Blanc-Simon, sylviculteur (Yann Gallic)

Lorsqu’on aura tout pu déblayer, aura-t-on les moyens de tout replanter et quand ?

300.000 hectares de pins maritimes à terre, dans une forêt qui était jusque-là très bien entretenue.

Sans aides directes de l'Etat, de nombreux sylviculteurs n'auront pas les moyens de reboiser.

Une hypothèse qui pourrait avoir de graves conséquences écologiques. Dans cette région marécageuse, le pin maritime permet d'assainir les sols. Il protège également contre l'avancée des dunes et capte le CO2.

Le Maire de Rion-des-Landes craint autant pour l’équilibre économique du département que pour sa richesse écologique.

Joël Goyheneix (Yann Gallic)

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