Un projet d'intelligence artificielle nécessite la collecte de 200 000 toux pour savoir si le Covid-19 a une empreinte sonore spécifique, comme d'autres maladies telles que la coqueluche. Une start-up essaie de mettre au point une détection de l'infection grâce à cet outil.

Covitwo recherche 200 000 volontaires pour tousser et constituer une banque de toux
Covitwo recherche 200 000 volontaires pour tousser et constituer une banque de toux © Getty / Thanit Weerawan

Comment les entreprises vont-elles s’organiser pour accueillir leurs salariés en s’assurant qu’ils sont bien équipés, et pas atteints par le Covid-19 ? Comment gérer les flux de personnes, salariés ou clients, dans les entrepôts, les aéroports, et les sites de grandes tailles ? 

"Le marché de la circulation sans danger, ce sera un micro-marché, l’idée c’est de relancer l’économie, pour éviter la crise économique et sociale", affirme Frédéric Lassara, fondateur de Covitwo.  Covitwo, développée avec Atos le leader de la transformation digitale, est une application qui permettra de détecter par caméra, température et analyse sonore, le port du masque, une fièvre, et le type de toux, des personnes se présentant devant elle. Oui, toussez donc un peu, et je vous dirai si vous avez le Covid. Ce n’est pas une blague, c'est une recherche en cours.   

L’idée est déposée dans le cadre des appels à projets lancés par le gouvernement. Son concepteur espère une aide de 300 000 euros pour développer l’intelligence artificielle qui pourrait faire la différence entre la toux d'une personne saine et celle d'une personne infectée par le Covid. 

Covitwo s’appuie sur le fait que la coqueluche et la pneumonie présentent des signatures sonores particulières. Ce pourrait être aussi le cas du Covid. Pour le savoir, Covitwo vous attend sur sa page internet, où vous pourrez répondre à 6 questions, dont une pour savoir si vous avez été diagnostiqué porteur ou non du Covid. Avec 200 000 enregistrements de la part de volontaires, il sera possible de conclure à la signature sonore du Covid.

"Nous manquons de données pour l’instant, on est au stade de la recherche ; c’est pour cela que nous faisons appel aux volontaires", explique Frédéric Lassara. "Si notre intuition est la bonne, cela permettra de faire un pré-diagnostic et de diriger les personnes repérées par l’IA vers des tests médicaux pour savoir s’ils ont vraiment le Covid"

Donner sa toux à une machine, ne serait-ce pas laisser un peu de son intimité à big brother ? 

Frédéric Lassara assure que Covitwo conservera les toux, les visages et les températures sur une mémoire locale, (génération du edge computing)  et que seules les informations statistiques et anonymes seront analysées. 

"Covitwo ne reconnait pas le visage des personnes et ne stocke pas d’image de ces  visages, ni les voix. Nous sommes très à cheval sur le respect des données privées afin de ne pas risquer une paranoïa collective  digne d’un scénario à la Big Brother ou 1984 ! Nous voulons tout   simplement donner aux acteurs publics et privés les moyens de réguler cette pandémie en sortie de confinement." assure-t-il. 

Installée à l'entrée des usines ou de salles de spectacles une telle application, si elle voyait le jour, permettrait d’assister les agents de sécurité et d’accueil chargés de filtrer les entrées dans les lieux publics, pour fluidifier les files d’attentes. Cela permettrait aussi de rassurer les visiteurs, en leur garantissant que nul être fiévreux n'hante les lieux qu'ils arpentent. Le marché du déconfinement, et celui de la maîtrise de la circulation des personnes infectées, a commencé. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.