[scald=65459:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La Cour d'appel de Versailles a confirmé vendredi le placement sous tutelle provisoire de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, à la demande de sa fille, sur le fondement d'une expertise qui conclut à un état de démence.

Une juge de Courbevoie (Hauts-de-Seine) avait ordonné le 17 octobre cette mesure qui signifie que les biens, revenus et fonctions de la milliardaire de 88 ans, notamment les 30% de parts de la société et son siège au conseil d'administration de L'Oréal, sont désormais gérés par sa fille, Françoise Meyers, et ses enfants.

La juge des tutelles avait par ailleurs chargé l'un de ses petits-fils, Jean-Victor Meyers, de veiller à la personne physique et à la santé de la vieille dame, troisième fortune de France et 15e au monde avec environ 17 milliards d'euros, selon des classements de Challenges et Forbes.

Dans un communiqué, Françoise Bettencourt Meyers, Jean-Victor Meyers et Nicolas Meyers se félicitent de la décision de la cour d'appel et se disent "très attachés à continuer de 'rechercher la paix'" au sein de la famille Bettencourt.

L'état de vulnérabilité psychologique de l'héritière, atteinte d'une maladie neurologique qui affecte sa mémoire, son raisonnement et favoriserait des décisions sous influence, a été établi par un examen médical contraint réalisé lors d'une visite-surprise chez l'intéressée début juin.

Françoise Meyers avait promis en octobre que le placement sous tutelle ne modifiait en rien les accords passés entre la famille et Nestlé, qui sont convenus en 2004 d'un statu quo dans le capital de L'Oréal jusqu'à la mort de l'héritière.

Téthys, holding chargée de gérer la fortune familiale, dirigée par Jean-Pierre Meyers, mari de Françoise Meyers, exerce les droits de vote liés aux 30% de parts de L'Oréal détenus par Liliane Bettencourt.

Provoquée par les "dons" de Liliane Bettencourt au photographe François-Marie Banier, qui a conservé dans un accord fin 2010 environ 400 millions d'euros, une enquête pénale s'est développée dans diverses directions.

Des juges de Bordeaux enquêtent sur une présumée fraude fiscale, un possible financement illicite de l'UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, et depuis fin septembre, un éventuel abus de faiblesse.

Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser

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