La femme de 50 ans n'existe pas ! Cherchez bien, à 50 ans, on disparaît des radars. Et pourtant...

Agnès Jaoui dans Aurore
Agnès Jaoui dans Aurore © Karé Productions

Alors qu'elle abordait la quarantaine, Blandine Lenoir, la réalisatrice d'Aurore avec Agnès Jaoui dans le rôle titre, s'est rendu compte que les femmes de cinquante ans n’étaient absolument pas représentées au cinéma. "Comment avoir envie d’atteindre un âge qui n’est pas représenté ? Je voyais beaucoup d’amies autour de moi y arriver dans une solitude amoureuse terrible ; des femmes formidables, belles, douées, dont les ex avaient refait leur vie. J’ai eu envie de leur rendre hommage, leur donner – et me donner – envie de vieillir."

Le film n'est pas pour autant un film juste sur "la crise de la femme de 50 ans", mais sans doute plus sur une certaine vision du féminisme.

Les mecs, ils greffent des coeurs, des poumons et ils ne sont même pas foutus d'inventer quelques choses contre les bouffées de chaleur.

Agnès Jaoui a été "charmée par le ton doux-amer du scénario" et révèle "Moi, c'est entre 10 et 13 ans que j'ai le plus ressenti la violence des hommes. Je ne comprenais pas pourquoi on me matait, me pelotait. A 50 ans, cette violence devient différente, mais elle n'est pas moins ravageuse car elle peut être plus sourde, l'indifférence s'en mêle…"

►ECOUTEZ | La bande originale avec Agnès Jaoui et Pascale Arbillot

Egalement invitée de cette émission, la psychanalyse et philosophe Anne Dufourmantelle, auteure, notamment Se trouver avec Laure Leter (Lattès) et En cas d'amour. Psychopathologie de la vie amoureuse (Rivages)

"La cinquantaine, explique-t-elle est symboliquement le tournant de la vie" et c'est le moment où tout ce que l'on traverse est apparenté au deuil. En vrac, la ménopause, la séparation, le départ des enfants, la perte de l'emploi... Alors que, poursuit Anne Dufourmantelle, "c'est le moment ou l'on peut "rechoisir" sa vie. Et qu'il reste encore beaucoup de temps pour l'inventer."

Alors que nous sommes dans un moment de société ou, paradoxalement, nous ne marquons plus les seuils, où il faudrait que nous soyons éternellement des "adulescent(e)s", Anne Dufourmantelle nous enjoint à "oser prendre le risque de son désir".

On continue à apprendre aux femmes à désirer être désirable, plutôt que désirer être désirante.

Alors, la cinquantaine et son lot de joyeusetés, on s'y prépare docteur ?
Non répond la psychanalyste, on se "déprépare"

►VOIR | La chronique de Tom Villa

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