Depuis 1990, les contraintes sécuritaires imposées par l'UE sur les voitures ont divisé par trois le nombre de tués sur les routes. Huit pays veulent désormais aller plus loin.

Les ministres des Transports de huit pays européens espèrent de nouvelles normes plus strictes sur les voitures.
Les ministres des Transports de huit pays européens espèrent de nouvelles normes plus strictes sur les voitures. © Maxppp / Robert Schlesinger

"Pour améliorer la sécurité" sur les routes, les ministres des Transports de huit État membres de l'Union européenne (France, Allemagne, Belgique, Pays, Luxembourg, Italie, Autriche, Irlande) veulent une révision "d'ici à la fin de l'année" de la General Safety Regulation (GSR) de 2009. Dans un courrier commun, dévoilé par Les Échos, envoyé ce vendredi à la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, ils demandent "de nouveaux standards de sécurité des véhicules pour aider les États membres à diviser par deux d'ici à 2020 le nombre de morts sur les routes (objectif de l'UE)". Ils souhaitent aller plus loin que les dix-neuf contraintes sécuritaires déjà imposées par la Commission européenne sur les voitures. Celles-là même qui ont permis de diviser par trois le nombre de tués sur la route depuis 1990.

Les ministres demandent un coup de pouce

Avec 26 000 morts et 135 000 blessés graves en 2015, les routes européennes restent les plus sûres du monde, mais le rythme de réduction des décès stagne. À - 0,6% cette année-là, la baisse annuelle moyenne de 6,7%, jugée nécessaire d'atteindre pour réduire de moitié le nombre de décès sur la route d'ici 2020, est encore loin.

La compétence en matière de sécurité routière a beau être nationale, c'est la Commission européenne qui fixe les normes sur l'état technique des véhicules, le transport de marchandises dangereuse et la sécurité des voieries. Les ministres signataires, dont Alain Vidalies (secrétaire d'État chargé des Transports) et Bruno Le Roux (ministre de l'Intérieur) pour la France, sont persuadés qu'"il reste d'importantes marges de progression pour améliorer la sécurité des voitures, des camionnettes et des camions, en s'appuyant sur les technologies innovantes ou simplement en repensant leur design".

Quelques pistes suggérées

Les huit pays signataires imaginent par exemple que les dispositifs de freinage automatique en cas de collision proche pourraient être généralisés. Ou encore qu'il pourrait y avoir des efforts à réaliser sur les camions, qui possèdent encore trop d'angles morts alors qu'ils sont impliqués dans 15% dans accidents alors qu'ils ne représentent que 5% des véhicules. Les ministres appellent également à reconnaître les suspensions de permis d'un pays de l'UE à l'autre.

Pour le directeur de l'éducation et de la formation de l'association Prévention routière, l'homogénéité des mesures en Europe permettrait par exemple à la France de profiter de l'expérience des pays du nord de l'Europe :

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