Pour lutter contre la pollution et l'excès de circulation, la mairie fait tout pour éloigner les conducteurs de la capitale. Efficace ? Il faudra encore attendre pour le dire.

Bouchon devant la mairie de Paris
Bouchon devant la mairie de Paris © Maxppp / Olivier Lejeune

L'enfer, c'est les autres. Les autres conducteurs, pour ceux qui se retrouvent coincés dans un bouchon au volant ; les conducteurs en général, pour ceux qui utilisent d'autres moyens de circuler. Depuis son arrivée à la mairie de Paris, Anne Hidalgo et sa majorité ne cachent pas leur volonté de réduire ces petits enfers collectifs, pour protéger aussi les poumons des Parisiens. Tout est dans la méthode.

Fermer les voies sur berge, une solution à l'issue incertaine

Lundi matin, le Conseil de Paris devrait ainsi voter la fermeture des voies sur berge rive droite dans Paris, a priori définitivement, pour les rendre piétonnes. Dans la pratique, elles sont déjà fermées depuis cet été, depuis Paris-Plage, et ne rouvriront donc pas à la circulation, selon la Maire de Paris. Les travaux d'aménagement devraient suivre le mois prochain. Le but : en finir avec les 43 000 voitures qui traversent la capitale d'Ouest en Est tous les jours, pour réduire la pollution.

Cela fait presque un mois que les Franciliens font avec... Et un mois que les automobilistes dénoncent des bouchons devenus infernaux dans la ville. Il suffit d'ailleurs de sortir dans le centre de Paris pour ne pas avoir du tout l'impression que les voitures se sont évaporées. Elles sont toujours là, et des bouchons se sont créés sur les quais hauts, le boulevard Saint Germain et sur le périphérique sud en extérieur.

Selon le préfet de police, aujourd'hui en traversant Paris de la porte de Saint-Cloud jusqu'à la porte de Bercy, vous perdez 5 km/h par rapport aux mois précédents. Les reports de trafic se font surtout sur les quais hauts (qui longent les voies sur berge). Mais pour Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris en charge des transports, il ne sert à rien d'espérer des résultats aussi tôt.

On sait qu'on a une diffusion plutôt dans le centre de Paris et de manière générale sur le boulevard périphérique. Mais il faut regarder les choses sur le temps long, il nous faut entre six mois et un an pour véritablement voir quelle est l'évolution dans les comportements.

La mairie de Paris assure que les bouchons vont en partie s'évaporer, que c'est mécanique, et qu'une partie des automobilistes vont finir par abandonner leur voiture. Mais il y a un hic : se rabattre sur les transports en commun sera compliqué, puisque la seule ligne ferrée qui longe elle aussi la Seine, le RER C, sera en travaux à partir de mi-octobre et pour mois et demi. La SNCF prévient que le trafic des trains sera fortement perturbé. Jusqu'ici, il n'est pas le seul.

La journée sans voiture, tout est dans le symbole

C'est l'une des autres mesures, pour l'image cette fois, qui va faire s'arracher quelques cheveux aux automobilistes. Ce dimanche, Paris organise sa deuxième journée sans voiture, de 11h à 18h. Une partie des rues de la ville (sur une zone cinq fois plus grande qu'en 2015) sera totalement libre de tout véhicule à moteur, et ces derniers seront limités en vitesse dans le reste de la capitale.

Journée sans voiture 2016 à Paris
Journée sans voiture 2016 à Paris © Visactu

Quand on dit "sans voiture", ça veut aussi dire sans voiture électrique, et sans deux-roues motorisés (moto ou scooter). Toutefois, la journée prévoit aussi des dérogations finalement assez nombreuses : pour les riverains, les véhicules de secours ou d'urgences, les taxis qui ont une course à faire dans le secteur, les bus (limités à 20 km/h maximum).

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