Selon le Canard Enchaîné de ce mercredi, le groupe Lactalis a écoulé quelque 8 000 tonnes de lait en poudre produite dans son usine de Caron, en Mayenne, au même moment que les laits infantiles contaminés aux salmonelles.

Le siège de Lactalis, à Laval (Mayenne)
Le siège de Lactalis, à Laval (Mayenne) © AFP / Jean-François Monier

C'est une nouvelle accusation contre le groupe laitier Lactalis : selon l'édition de ce mercredi du Canard Enchaîné, l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS) accuse l'entreprise d'avoir écoulé 8 000 tonnes de poudres de lait "potentielement contaminées" fabriquées dans son usine de Craon, en Mayenne, au même moment que les laits infantiles contaminés aux salmonelles produits dans cette même usine.

Selon le Canard Enchaîné et l'AFVLCS, qui citent des documents transmis par la préfecture de Mayenne, le rappel des stocks de lait infantile produits à Craon, décidé le 9 décembre 2017, ne concernait pas le lait en poudre pour adultes. Ces 8 000 tonnes ont dont été utilisées dans des desserts. Pour l'association de victimes, ces tonnes de lait "non retirées du marché" ont été écoulées "avec la complicité de l'Etat".

"Petites affaires"

"Il y a ici des personnes qui se sont tues volontairement, qui ont laissé faire. On commence à en avoir marre d'apprendre qu'on fait nos petites affaires entre les services de l'Etat et Lactalis, et que la santé des consommateurs passe après", s'agace Quentin Guillemain, président de l'association. "Il est temps que cela se finisse : il n'est plus question de continuer ces petites affaires en Mayenne parce que c'est le premier employeur local (...). Pourquoi découvrons-nous, dans des documents qui nous sont transmis un an après, que ces produits ont été produits dans cette usine, que nous ne sachons pas aujourd'hui où sont passées ces poudres de lait, qui ont été dissimulées dans des produits de consommation courante".

Ces mêmes documents "révèlent également que de nombreuses salmonelles ont été détectées dans l'environnement de l'usine et dans les produits en 2017, avant même le 1er décembre (...) ; ils confirment également des contaminations de l'usine entre 2015 et 2017". Pour l'heure, la direction de la communication de Lactalis a refusé de s'exprimer sur ces accusations

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