Le groupe Lagardère a annoncé, ce mercredi, être entré en négociations exclusives avec un groupe de presse tchèque pour la vente de sa presse magazine en France, dont les titres "Elle" et "Télé 7 Jours". Une cession qui réduira cet ancien empire de la presse à la portion congrue.

Le groupe Lagardère a cédé une partie de son empire de presse magazine
Le groupe Lagardère a cédé une partie de son empire de presse magazine © AFP / ERIC PIERMONT

Elle, Télé 7 Jours, Ici Paris, France Dimanche... Bientôt, tous ces titres de presse seront peut-être sous le contrôle du groupe Czech Media Invest. Le premier groupe de médias tchèque est entré en négociations exclusives avec le groupe Lagardère, a annoncé celui-ci ce mercredi dans un communiqué. Sont concernés les magazines thématiques du groupe publiés en France, c'est-à-dire "Elle et ses déclinaisons, y compris les sites internet de Elle en France, Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours et ses déclinaisons, France Dimanche, Ici Paris et Public".

"Elle" vendu, mais pas sa marque

En revanche, Lagardère conservera Paris Match et le Journal du Dimanche, regroupés dans un pôle "News" avec Europe 1. Le groupe français restera également propriétaire de la marque Elle pour la France et ses licences internationales : il continuera donc à toucher une redevance du nouvel éditeur pour l'utilisation de sa marque – comme c'est déjà le cas depuis 2011 pour les éditions internationales du magazine féminin, vendu au groupe Hearst – et bénéficiera d'un droit de regard sur son contenu.

Mardi, Lagardère avait également annoncé qu'il allait vendre à ce même groupe tchèque l'ensemble de ses radios implantées dans en République tchèque, mais aussi en Pologne, en Slovaquie et en Roumanie. Des ventes qui doivent servir à renforcer deux autres filiales de Lagardère, nommées Lagardère Publishing (édition) et Lagardère Travel Retrail (qui possède notamment les boutiques Relay). 

Cessions et fermetures de journaux

Ces cessions s'inscrivent dans un projet de réorganisation de l'activité médias du groupe (Lagardère Active), autour de cinq pôles : "News", déjà évoqué, "Presse", qui sera réduit à sa portion la plus réduite, Télévision (Mezzo, MCM...), Lagardère Studios (production audiovisuelle) et un pôle numérique et business (qui englobera notamment Doctissimo). Une structure réduite, bien loin de l'empire colossal que représentait  le groupe Lagardère, notamment à la fin des années 90.

L'actuel Lagardère Active est issu de plusieurs regroupements, notamment celui en 2006 des activités radio-TV du groupe et de Hachette Filippachi Médias, premier éditeur mondial de magazines. Mais à force de cessions et de fermetures, l'éventail des titres détenus par le groupe Lagardère a largement rétréci : d'un côté, la fin de l'hebdomadaire Zurban en 2006 et de Jeune et Jolie en 2010, de l'autre la vente de Onze Mondial en 2011 puis d'une autre partie de son catalogue (Première, Be, Union, Maison & Travaux, etc.) en 2014. Entre-temps, tous les titres internationaux avaient eux aussi été vendus au groupe Hearst en 2011.

Gulli, prochaine sur la liste ?

Côté télé, le groupe s'est aussi recentré autour d'une dizaine de chaînes, après la revente de La Chaîne Météo en 2006 et les disparitions successives de June, Match TV, Santé Vie ou encore la locale Cap24 : restent Mezzo (et Mezzo Live HD) pour la musique classique, MCM, MCMTop, RFM TV et Virgin Radio TV pour la musique actuelle, Elle Girl pour les femmes et Canal J, Tiji, et Gulli pour les jeunes. C'est d'ailleurs Gulli qui pourrait être la prochaine sur la liste des reventes : la chaîne de la TNT est sur le marché selon plusieurs sources, et les acheteurs potentiels seraient nombreux. A terme, Lagardère veut-il vendre l'ensemble de ses activités média pour se recentrer sur d'autres secteurs économiques ? Ce serait le but de la manoeuvre, selon des syndicats. 

S'ils ne compte pas, pour l'heure, se séparer de la rente que représente la marque Elle, ni du pôle News (qui contient notamment la radio Europe 1, elle aussi en difficulté) ou des activités numériques avec le très consulté Doctissimo, la direction de Lagardère a toutefois été accusée par ses employés de "démanteler un groupe prestigieux", et de "mettre des centaines de salariés et leurs familles en difficulté voire au chômage pour des raisons uniquement financières tout en fragilisant la pluralité de l'information en France". 

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