Le ministre de l'Économie a condamné "des comportements inacceptables" dans la gestion de la contamination de produits Lactalis à la salmonelle. Après que des lots ont été commercialisés malgré l'alerte, Bruno Le Maire envisage des sanctions à l'encontre des responsables.

Bruno Le Maire a condamné les défaillances de Lactalis et de la grande distribution après que des lots potentiellement contaminés à la salmonelle de lait infantile sont restés commercialisés.
Bruno Le Maire a condamné les défaillances de Lactalis et de la grande distribution après que des lots potentiellement contaminés à la salmonelle de lait infantile sont restés commercialisés. © Maxppp / NATHALIE SAINT-AFFRE

Comment des lots de lait contaminé ont-ils pu être commercialisés malgré le rappel ? Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a condamné jeudi les "défaillances" de Lactalis, "seule responsable". "Cette affaire est grave, elle a donné lieu à des comportements inacceptables qui devront être sanctionnés", a-t-il déclaré.

Lors d'une conférence de presse où le ministre a retracé l'affaire des produits qui auraient dû retirés du marché pour contamination à la salmonelle. Après les premiers cas de contamination, "nous avons alerté Lactalis de ces résultats, le 8 décembre, et je leur ai laissé jusqu'à 22 heures pour retirer tous les lots produits par la tour de séchage numéro 1."

Constatant des dysfonctionnements dans le processus de retrait, Bercy a ensuite signé un arrêté le lendemain pour le retrait des lots suspects des circuits de consommation. "L'État s'est donc le 9 décembre substitué à une entreprise défaillante, dont, je le rappelle, est la seule responsable de la sécurité et de la qualité des produits mis sur le marché", a ajouté Bruno Le Maire.

La grande distribution et Lactalis convoqués par Bercy

Mais là encore, tout n'a pas fonctionné correctement : "2500 magasins, grandes surfaces, pharmacies, hôpitaux, crèches ont été contrôlés par la DGCCRF. Sur ces 2500 contrôles, 91 établissements ont été identifiés qui détenaient des boîtes de lait infantile qui auraient dû être retirés de la circulation : 30 grandes surfaces, 44 pharmacies, 2 crèches, 12 hôpitaux et 3 grossistes."

Le ministre de l'Économie a demandé au groupe laitier mayennais de fournir les fichiers recensant les différents lots pouvant être contaminés. "Cet examen des documents fournis par Lactalis a fait ressortir des incohérences dans la liste des lots retirés ainsi que des lots manquants".

"Lactalis nous a alors annoncé avoir identifié 5 lots qui auraient dû être couverts par mon arrêté [imposant notamment le retrait de lots à risque] et dont les références n'avaient pas été transmises à la DGCCRF. Le 21 décembre, Lactalis a annoncé la généralisation du retrait et du rappel à l'ensemble des produits fabriqués ou conditionnés sur la partie du site Lactalis nutrition santé depuis le 15 février 2017", a expliqué Bruno Le Maire.

Face à ces dysfonctionnements, le ministre de l'Économie a expliqué avoir convoqué les acteurs de la grande distribution ce jeudi soir et la direction de Lactalis vendredi.

S'il est avéré que certains acteurs de la grande distribution ont volontairement laissé en rayon des produits suspects, il s'agirait d'un délit pénal condamné de sept ans de prison et 750 000 euros d'amende.

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