Dans les années 80, il est le coureur préféré des Français. Emporté par un cancer en 2010, Laurent Fignon s'était reconverti comme consultant sur le Tour. Portrait d'une des figures de la course.

Un briscard de 23 ans

Les grandes course à étapes sont parait-il affaires de coureurs expérimentés. Pourtant, en 1983, Laurent Fignon a tout juste 23 ans, et s’il est au départ du Tour c’est grâce à un concours de circonstances : intégré depuis un an chez les pros dans l’équipe de Bernard Hinault, il a commencé par aider le Breton à remporter le Tour d’Italie. Puis, en 1983 donc, il est l’artisan du succès d’Hinault dans le Tour d’Espagne. "Le Blaireau" en termine blessé au genou. Fignon est intronisé pour le Tour qu’il va remporter avec panache. Dernière étape, sur les Champs Elysées, commentaires Jean-Paul Brouchon, interview, Jean-François Rhein.

1984, la consécration

Laurent Fignon, souriant et charismatique, va connaître la consécration dans le Tour 1984. Vainqueur de 4 des 23 étapes, vainqueur du contre-la-montre par équipes avec sa formation Renault, il écrase la concurrence et fait disparaître Bernard Hinault, vainqueur du prologue mais finalement 2ème à plus de 10 minutes, du cœur des Français.Le maillot jaune restera 19 jours dans l’équipe Renault, 12 jours sur les épaules de l’équipier modèle Vincent Barteau et 7 sur celles De Laurent Fignon. Qui, jusque sur la ligne d’arrivée sur les Champs Elysées, se montre combattif pour tenter d’offrir une nouvelle victoire d’étape à son équipe.

### Fignon, coursier atypique Pendant (et après) sa carrière, Laurent Fignon a trainé une image « à part » dans le monde du vélo. Surnommé « L’intello du peloton » (titulaire d’un bac scientifique, il avait eu la romancière Irène Frain comme prof de lettres), il était pour les journalistes le prototype du « bon client », souriant mais prolixe et parlant clair, ne mâchant par exemple pas ses mots à propos de son prédécesseur au palmarès du cyclisme tricolore Bernard Hinault. Lequel avait pour sa part une image de caractériel renfrogné. "Panache" de Olivier Dazat (Le Dilettante, 1991) > Pendant ce mois de juillet 1984, Laurent Fignon est un jeune Don Juan, bousculant avec un empressement païen la statue du Commandeur incarnée par un Breton granitique et têtu dans la défaite, meurtre du père rituel dont l'oraison funèbre dégénérera en une boutade de potache : "Il m'a bien fait rigoler !" ### 1987, tête de gondole Saison 1985 pourrie par une blessure au tendon d’Achille, blessé une nouvelle fois en 86, toute la France attend sa résurrection dans le Tour 1987. D’autant qu’il a fini 3ème de Paris-Nice et du Tour d’Espagne.Bref, « Le bachelier » est de retour, au point de littéralement servir de « produit d’appel » pour attirer les spectateurs sur la route du Tour. Pourtant, il ne terminera que 7ème de la course remportée cette année-là par l’Irlandais Stephen Roche.
Saumur et le TDF
Saumur et le TDF © Radio France
### Le début du déclin En 1988, tout semble aller mieux : Laurent Fignon s’impose en patron à Milan-San Remo, se montre en condition dans Paris-Roubaix et on l’attend à nouveau dans le Tour. Mais durant l’hiver, il a perdu son plus fidèle lieutenant et surtout son ami Pascal Jules, et il a du mal à rester concentré sur la longueur des courses à étapes.Lâché par ses co-équipiers dans le contre-la-montre par équipes de la 3ème étape, il abandonnera quelques jours plus tard. Il se confiera alors à Jean-François Rhein :
### A 8 secondes de la résurrection En 1989, tout le monde espère le retour du grand blond. Vainqueur de Milan-San Remo, du Tour d’Italie son duel avec l’Espagnol Pedro Delgado est attendu avec délectation. Mais c’est avec son co-équipier américain Greg LeMond qu’il va devoir se battre jusqu’à la ligne d’arrivée. A Versailles, point de départ de la dernière étape contre la montre, Fignon possède 50 secondes d’avance sur LeMond. A l’arrivée sur les Champs Elysées 24 kilomètres plus loin, il manquera 8 secondes à Fignon, qui ne se remettra jamais vraiment de cet échec.
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