Ce lundi, TF1 lance un nouveau rendez-vous après le journal de 20 heures, intitulé "20H Le mag" et présenté par Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray. Après France 2, la première chaîne cherche elle aussi à étoffer sa tranche d'info dominante, mais de plus en plus concurrencée.

Gilles Bouleau sur le plateau du 20h de TF1
Gilles Bouleau sur le plateau du 20h de TF1 © AFP / Benjamin Cremel

C'est une grande nouveauté pour les téléspectateurs de TF1 : ce lundi soir après 20h30 (et une page de pub), le présentateur Gilles Bouleau reviendra à l'écran pour 20h Le Mag, un magazine d'une dizaine de minutes sur le plateau du journal, incluant la météo en direct et _"un reportage de cinq à six minutes autour d'histoire ou de portraits de héros ordinaires_, de Français qui sont dans l'actualité et parfois de personnalités", explique Thierry Thuillier, directeur de l'information de TF1. Le vendredi, c'est Anne-Claire Coudray qui officiera. 

Ce nouveau rendez-vous, diffusé en lieu et place de la minisérie Nos chers voisins et expérimenté jusqu'à l'été, permet à TF1 de clarifier sa grille des programmes entre 20h30 et 21h, un carrefour d'audience essentiel : c'est à ce moment que les téléspectateurs (et environ 20 % d'entre eux sont sur TF1 au sortir du JT) décident s'ils restent sur la chaîne ou s'ils changent de programme.  

Ca ne vous rappelle rien ? En septembre dernier, France 2 annonçait en grande pompe le lancement de son nouveau magazine d'actualité du dimanche soir, 19h Le Dimanche. Même plateau que le journal, même présentateur : même si la forme est très différente, là aussi, l'idée est d'étendre l'offre proposée par le journal sur un créneau plus large.  

Ces nouvelles tranches sont-elles des bouées de sauvetage pour des anciennes "grand' messes" qui ont perdu leur statut ? Rien n'est moins sûr. Certes, les audiences se sont érodées avec les années et la diversification de l'offre : le JT de TF1, qui atteignait régulièrement les 10 millions de téléspectateurs au début des années 2000, oscille en moyenne entre 5 et 6 millions de téléspectateurs chaque soir, au coude-à-coude avec celui de France 2.  

Mais les journaux télévisés restent toujours largement en tête des audiences sur cette tranche horaire, malgré des assauts répétés de la part de la concurrence.

Acte I : les contre-programmations de l'info 

Gardons en tête un premier point : le 20 heures a beau être considéré comme le point culminant des programmes d'info en France, il ne concerne que en réalité que deux grandes chaînes, TF1 et France 2, les canaux historiques en France. 

Face à ces mastodontes, la plupart des grandes chaînes concurrentes ont fait le choix d'une contre-programmation : d'abord FR3 (puis France 3) avec le 19/20, puis Arte avec son journal diffusé aux alentours de 19h45, et plus récemment M6 et son 19.45. Peu de chaînes prennent le risque de caser de l'information à 20h, face à la difficulté de faire de l'ombre aux deux géants qui se partagent le gâteau. 

Acte II : l'info en continu 

Là aussi, les commentateurs ont souvent avancé que l'émergence de chaînes d'info en continu (LCI et iTélé d'abord, puis BFMTV et dernièrement franceinfo), signerait la mort des rendez-vous d'info traditionnels. Aujourd'hui les chiffres parlent contre eux, car les chaînes d'info de la TNT font tout au plus 5 % de part de marché en moyenne toutes chaînes confondues, là où le 20 heures de TF1 atteint encore presque 1 téléspectateur sur 3. Pour le groupe TF1, une chaîne comme LCI présente moins un enjeu d'audience que d'image, en donnant une plus grande force de frappe au groupe sur l'information.

En revanche, elles ont poussé les journaux à revoir leur contenu et leurs formats, allant aujourd'hui vers moins d'actu "dernière minute" et plus de sujets de longueur moyenne, des décryptages et des éléments didactiques. A TF1, Thierry Thuillier a d'ailleurs annoncé pour la rentrée prochaine un nouveau décor des journaux, qui aura pour objectif "de favoriser la mobilité et l'utilisation des nouvelles technologies telles que l'infographie, la 3D et la réalité augmentée afin d'accentuer la nature pédagogique de nos journaux".  

Acte III : les divertissements "d'access-prime-time" 

Nulle part ailleurs fut le premier programme, en 1987 sur Canal +, à instaurer une tranche de divertissement en face du journal de 20 heures, avec même un journal parodique incarné par les Guignols de l'Info – dont le présentateur, PPD, était l'avatar de celui du 20 heures de TF1, Patrick Poivre d'Arvor. 

Depuis, nombreux sont les divertissements, sur Canal+ puis ailleurs, à avoir pris le parti de déborder sur le 20h-20h30, les trois challengers actuels étant Touche pas à mon poste, Quotidien et C à vous, les deux derniers jouant aussi sur l'info. Mais si finalement le plus gros concurrent des JT était... une série télévisée ? A côté des rediffusions comme Ma sorcière bien-aimée sur M6, qui a longtemps accompagné les téléspectateurs de "la petite chaîne qui monte", c'est une série française originale, Plus belle la vie, qui, avec un peu plus de 4 millions de téléspectateurs par épisode, talonne les journaux des deux grandes chaînes.  

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.